Citoyen du volcan. Épitaphe pour Jean Senac
Max Leroy (Atelier de Création libertaire)
Article mis en ligne le 10 juin 2013
dernière modification le 2 juin 2013

par C.P.

Poète, socialiste, anarchiste, révolutionnaire, chrétien mécréant, homosexuel… Cessons la liste : Jean Sénac refusait les étiquettes. Né pied-noir et fils spirituel de Camus, Sénac prit pourtant fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie. Mais une ­Algérie pour tous : Arabes, Berbères, Kabyles, Juifs, Européens.

Destin de franc-tireur que celui qui fut le sien : le traître devint trouble-fête lorsqu’il décida, quoi qu’il lui en ­coutât, de maintenir son cap poétique et politique – bâtir sa « ­République des pauvres ».

Il s’écroula en 1973 dans un taudis d’Alger, le crâne ­fracturé, le corps lardé de coups de couteau. « Vous verrez que je serai assassiné », avait-il prédit. Quarante années n’ont pas suffi à dissiper le brouillard qui entoure sa mort.
Ironie du sort : celui qui a tant chanté le soleil demeure à l’ombre de nos histoires.

Il est temps de l’en sortir.