Patrick
Lassé des contraintes imposées durant plusieurs...
Article mis en ligne le 11 janvier 2021
dernière modification le 28 décembre 2020

par C.P.

Lassé des contraintes imposées durant plusieurs mois aux Parisiens, un beau matin du mois de juillet, le rat noir a pris la tangente à la recherche du mieux vivre dans un autre pays. A Paris, trop de concurrence entre les rats confinés, dans les égouts, les caves et autres sous-sols…
« Oui, c’était par un beau matin que je pris mon bâton de pèlerin et mon maigre baluchon (quelques tranches de gruyère et les œuvres complètes d’Albert Cohen pour le voyage), direction Marseille. C’est avec son franc sourire et sa joie de vivre légendaire que la ville m’accueillit. Mais, trop rapidement je constatais qu’ici aussi, la concurrence entre murinae faisait rage… Alors, où ailleurs, trouver un endroit tranquille pour bouquiner en paix ? Je grimpais vers le grand port, musardais devant les panneaux des compagnies maritimes aux destinations plus alléchantes les unes que les autres. Rabat, Alger, Tunis. Alger, pourquoi pas ? Après réflexion, je me dis qu’un rat comme moi risquait fort d’y être mal reçu. Camus ne nous y avait-il pas fait mauvaise réputation avec sa Peste ? Je continuais donc le long des pontons. Naples m’était tentante. Mais là-bas aussi il me faudrait encore affronter la concurrence. Mon regard se posa sur le bandeau d’un ferry qui indiquait Athènes-Le Pirée. Athènes… J’en avais tellement rêvé. Ses tavernes, son Képhalotiri (fromage traditionnel au lait de brebis) … J’en salivais d’avance. Je me faufilais le long des cordages et montais discrètement à bord. Confortablement installé dans la soute, je fis un voyage très agréable, tout occupé à dévorer la tétralogie Solal, du grec Albert Cohen, pour m’immerger dans la littérature grecque moderne et dont je vous parlerai dans une prochaine chronique… Je fus sorti de ma torpeur par trois coups de sirène qui annonçaient notre arrivé au port du Pyrée. La vue sur la colline rocheuse était magnifique.