Christiane Passevant
68, mon père et les clous de Samuel Bigiaoui (1er mai 2019)
Article mis en ligne le 30 avril 2019

par C.P.

68, mon père et les clous
Film de Samuel Bigiaoui (1er mai 2019)

68, mon père et les clous… Beau titre pour ce film à la fois drôle et touchant, ancré dans la réalité d’un quartier et construit autour de rencontres, de discussions philosophiques, d’anecdotes, de parcours de vie, de réflexions, de la vie tout court.

Il est parfois des films qui créent de jolies surprises, où l’on a envie de s’attarder, de le revoir, et c’est le cas du film de Samuel Bigiaoui. Un premier long métrage documentaire qui raconte la fin d’une époque ? Il faut espérer que non parce qu’un magasin de bricolage en plein quartier latin, c’est le rêve et la farfouille, une agora de quartier pendant 30 ans… En plus, on y discute, on y rigole, on y traîne — « Y manque plus qu’un canapé dans la boutique ! Vous devriez y penser » suggère Zorah à Jean… On peut même y marchander. Mais le magasin ferme, et c’est un peu la panique dans le quartier — « Vous nous quittez ? Mais qu’est-ce que je vais faire sans vous, moi ? » s’inquiète une habituée, parce que ce n’est plus une cliente, le magasin, on y vient pour le plaisir. Et, dans ces temps de frénésie pour les caisses automatiques — bonjour l’angoisse ! —, Bricomonge, c’est humain, un endroit accueillant où l’on va trouver des solutions. Une vraie caverne d’Ali Baba : « Sésame ouvres-toi ! »

68, mon père et les clous… Belle idée de film avant la liquidation totale ! Mais comment s’est créé ce magasin, ce domaine de trouvailles et de rencontres pour les bricoleurs et les bricoleuses, et aussi un terrain de jeux pour le réalisateur…

68, mon père et les clous sort en salles le mercredi 1er mai !
Étant donné le nombre de films proposés sur les écrans et la nature de ce type de film documentaire — indépendant, d’auteur, avec une économie restreinte, mais qui génère de la créativité et de la grâce —, 68, mon père et les clous ne restera sur les écrans des salles de cinéma que par le bouche à oreille, même si la presse lui offre déjà un bel accueil. Donc parlons-en…