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Quand la santé publique est imposée par l’industrie
Article mis en ligne le 9 novembre 2017
dernière modification le 12 octobre 2017

par C.P.

À Saint-Etienne tandis qu’essaie de se construire un Front Social et Populaire avec différentes organisations, associations et syndicats pour faire face à la casse sociale que les lois et ordonnances Macron vont provoquer, l’UL CNT a décidé d’inclure dans ce combat une des lois en préparation, loi scélérate s’il en est, mais pourtant peu ou mal relayée dans la population  : l’obligation vaccinale à 11 valences [1] devant être effective au mois de janvier 2018.

La CNT 42, après avoir organisé la projection du documentaire, L’Aluminium, les vaccins et les 2 lapins…, réalisé par Marie Age Poyet [2], projection suivi d’un débat avec de nombreux et nombreuses participantes, poursuit ses réflexions en matière de santé publique.

En choisissant de travailler et de combattre une loi de santé publique, la CNT Saint-Etienne se positionne pour une lutte plus générale et révolutionnaire que celle contre la seule Loi Travail. Il s’agit bien de s’attaquer au cœur du capitalisme le plus sauvage orchestré par les lobbys des laboratoires pharmaceutiques et de l’industrie chimique français et internationaux.

Ces lobbys, aujourd’hui, plus puissants que celui des armes font et défont les politiques de santé publique dont nous sommes toutes et tous les victimes. Souvenons-nous de la catastrophe du sang contaminé, du Médiator, ou encore de la Dépakine …

Une ministre de la Santé dans la main d’or des labos

L’actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn dont les conflits d’intérêt avaient déjà été dénoncés lorsqu’elle était à la tête de la HAS (Haute autorité de santé) par nombre d’associations, de chercheurs et notamment la doctoresse Irène Frachon, elle-même à l’origine de la dénonciation du scandale du Médiator. À cette époque, en 2013, Agnès Buzyn n’hésitait pas à déclarer  : «  L’industrie pharmaceutique joue son rôle, et je n’ai jamais crié avec les loups sur cette industrie. Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts.  »

Cette déclaration était un véritable bras d’honneur à la Loi Bertrand qui, adoptée en décembre 2011, à la suite du scandale du Mediator, vise à prévenir les conflits d’intérêts et à renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique. Elle rend obligatoire pour les professionnel-elle-s de santé et décideur.es publics la déclaration publique de leurs liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique. De leur côté, les laboratoires doivent déclarer les avantages consentis aux professionnel.les de santé, aux associations et aux fondations.

Et Agnès Buzyn de regretter de ne pouvoir prendre des chercheur-euse-s qui ont, avec l’industrie pharmaceutique, des liens d’intérêt pourtant susceptibles d’influencer leurs expertises. «  On commence à avoir des experts institutionnels qui n’ont plus aucun lien avec l’industrie pharmaceutique et dont on peut se demander, à terme, quelle va être leur expertise, puisqu’ils ne sont plus à aucun “board” (conseil de direction) » déplorait-elle encore.

En quoi consiste exactement la mission de l’expert.e dans un “board”  ? Participer au “board” d’un laboratoire pharmaceutique ne relève pas de la recherche scientifique, mais consiste à conseiller l’industrie sur sa stratégie de marketing de développement d’un médicament.

« Sur le marché de la vaccination, il faut dramatiser... faire peur avec la maladie »

Telle était la teneur d’une note interne de chez Sanofi au moment de la désastreuse campagne de vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990. Censée se limiter aux enfants et adolescent.es en milieu scolaire, elle concernera massivement les adultes entre 20 et 45 ans. Quelques 25 millions de personnes seront alors vaccinées, dans un grand concert de culpabilisation des parents qui hésitaient ou refusaient. Faire peur, voilà la clef de monstrueuses retombées économiques.

Participer au «  board  », c’est aussi intervenir dans des colloques. Est-ce vraiment là un gage de compétence  ? Si l’intérêt scientifique semble minime, en revanche, le gain financier n’est pas négligeable. Certain.es professeurs.es peuvent être rémunéré.es plusieurs milliers d’euros la journée, pour une réunion en tant qu’ «  ambassadeur.es  » de certains laboratoires. L’industrie pharmaceutique propose, en général, ces contrats à des médecins hospitalo-universitaires qui ont déjà le statut de leader d’opinion et qui peuvent ainsi asseoir leur renommée, voire l’étendre au niveau international. Un bon plan de carrière en somme. En février 2009, l’Inspection générale des affaires sociales avait déjà pointé ce problème  : seule une part marginale des contrats liant les laboratoires pharmaceutiques aux professionnels de santé concerne des travaux de recherche. Plus de 90 % des liens d’intérêt publiés relèvent de contrats de marketing (contrats d’orateur.es ou de consultant.es).

Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, puissant syndicat des industries pharmaceutiques ironisait même : «  Un expert sans conflit d’intérêts est un expert sans intérêt.  »

Irène Frachon dénonçait alors… sans suite  : «  La solution n’est pas, comme l’affirme Agnès Buzyn, de passer outre ces liens d’intérêt. L’affaire du Mediator le démontre de façon tragique  : des experts indiscutablement “compétents” sont restés solidaires d’un industriel lourdement criminel, en minimisant notamment les dégâts de ce poison. Il faut donc se doter d’une expertise vraiment indépendante.  »

Mais on ne peut reprocher à Agnès Buzyn de ne pas mettre en pratique ses propos. De 2009 à 2011, alors même qu’elle venait d’être nommée membre du conseil d’administration puis vice-présidente de l’Institut national du cancer, elle n’a pas pour autant renoncé à participer aux boards de deux laboratoires, Novartis et Bristol-Meyers Squibb. Deux laboratoires pour qui elle n’a pas hésité a dispenser des formations à des médecins, participé à des réunions de marketing pour des traitements contre le cancer et est également intervenue dans des colloques. Pour la modique somme de 10 000€ pour la seule année 2009.

«  L’industrie pharmaceutique est infiltrée partout, elle est maintenant hors de tout contrôle.  »

Cette phrase, issue d’un rapport officiel de l’ONU, est régulièrement citée par le Professeur Philippe Even, ancien doyen de l’hôpital Necker-enfants malades de Paris, radié de l’Ordre des médecins à la suite de la publication de son livre  : "Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux", sanction que ce chercheur hors du commun considère «  comme une décoration  »  !

Le coup de force de l’obligation vaccinale à 11 valences

Confrontée aux baisses de recettes liées au développement des médicaments génériques, l’industrie a trouvé la parade  : elle a fait du vaccin un axe majeur de son développement. Le marché mondial des vaccins a enregistré une progression de 24 % entre 2011 et 2014 et cette croissance devrait s’intensifier selon une étude du cabinet Alcimed, qui table sur un chiffre d’affaires multiplié par 2,5 d’ici 2025. Les ventes mondiales de vaccins sont passées de 26 milliards de dollars en 2011 à 32,3 milliards de dollars en 2014 et devraient avoisiner les 80 milliards de dollars en 2025, selon cette étude.

On ne va donc pas mégoter et écouter ces lanceurs d’alertes, médecins, chercheurs.es ou associations qui mettent en garde les autorités de santé sur les risques d’effets indésirables et de maladies déclenchées par une sur-vaccination. Et puisque ces fainéant.es sont irresponsables et non maîtres de leurs corps et de leur santé, l’État va donc rendre obligatoire ces 11 vaccins, privant de tout-te un-e chacun-ne de son libre arbitre.

Quand l’Institut Mérieux choisit le rendement industriel plutôt que la santé publique.

L’institut Pasteur a fabriqué durant des décennies des vaccins adjuvantés sur phosphate de calcium. Un adjuvant (du latin adjuvare = aider) est ajouté au principe actif du vaccin pour en augmenter son efficacité. Et les vaccins Pasteur de remplir formidablement leur rôle protecteur en France et dans le monde entier sans effets indésirables notoires grâce à son adjuvant naturel éliminé rapidement par le corps humain.

Mais en 1986, au cœur d’une saga de restructuration industrielle dans l’industrie chimique et pharmaceutique de la vallée du Rhône, à grands coups de privatisations de laboratoires et d’entreprises qui, jusque là avaient encore été «  protégé.es  » par l’État des appétits féroces de Big Pharma, l’institut Pasteur tombait dans l’escarcelle de Mérieux. Là se signait la mort d’une certaine maîtrise de la politique de santé publique. Notre santé à toutes et tous allait être désormais gérée par les représentant-e-s les plus efficaces d’un système capitaliste sans vergogne.

Mérieux se dépêchait alors de faire basculer les vaccins Pasteur sur phosphate de calcium sur la chaîne de fabrication qu’il possédait déjà, chaîne de fabrication sur adjuvant aluminium. Les chercheur.es de Pasteur, les médecins eurent beau hurler à la catastrophe sanitaire que faisait courir l’adjuvant aluminium dans les vaccins, rien n’y fit. Mérieux était une entreprise privée, les autorités de santé restèrent silencieuses. Et Sanofi, qui fut opportunément privatisé, n’eut plus qu’à cueillir à son tour l’Institut Mérieux. L’affaire était rondement menée, tous les paravents occultant les magouilles industrielles étaient en place et bien malin-ne celui-celle qui pouvait démêler l’écheveau tentaculaire du groupe Sanofi en train de devenir le premier fabriquant mondial de vaccins.

Quelques années plus tard, en 2008, Sanofi accomplissait un autre forfait en retirant du marché le DTPolio, vaccin à trois valences (diphtérie, tétanos, polio) et seul obligatoire pour faire place à des vaccins à quatre, cinq, six… valences. Chacun-ne voulant faire vacciner ses enfants uniquement avec des vaccins obligatoires se voyait donc contraint-e d’acheter les multivalences proposées par Sanofi pour faire admettre leurs enfants à la crèche, à l’école. Même combat pour les professionnel.les de santé, les étudiant.es des branches de santé, les enseignant.es… Les prix explosaient, la Sécurité Sociale remboursait  ! Chercher l’erreur…

L’adjuvant aluminium et ses conséquences sur la santé

Il aura fallu toute l’énergie d’une association, E3M2 [3], regroupant les malades atteint-e-s de Myofasciite à macrophages, une maladie neurologique provoquée par l’aluminium dans les vaccins pour dénoncer ce scandale politico-industriel-sanitaire. Souvent malmenée ou ignorée dans les médias à la botte des lobbys pharmaceutiques et véritables porte-paroles des différents ministres de la Santé, E3M, n’en continue pas moins de combattre les décisions autoritaires et dangereuses de l’État en matière de santé publique. E3M a soutenu la recherche du professeur Romain Ghérardi, neuropathologiste à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, qui, contre vents et marées, a créé le seul centre français de dépistage de la Myofasciite à macrophages.3.  [4] E3M enfin, démarquée des ligues anti-vaccinales, mais aussi de certains groupes lié.es de manière occulte aux réseaux d’extrême-droite. [5] Il suffit de gratter un peu sur le phénomène Professeur Joyeux qui a fait un tabac avec sa pétition contre les vaccins pour comprendre. Déjà, Joyeux qui n’est pas un chercheur mais un vilain copieur se contente de reprendre les données publiées par les vrai.es chercheur.es en les arrangeant à sa sauce, en y ajoutant même des erreurs scientifiques, et s’en sert pour ses différentes pétitions ou publications. Et ça marche ! Ainsi, de nombreuses personnes de bonne foi ignorent qu’elles ont signé un texte écrit par un militant contre l’avortement, la contraception, un homophobe dénoncé à plusieurs reprises par Act’UP, un ami de Christine Boutin avec qui il a milité contre le mariage pour tous… [6]

Les dangereux et fallacieux oublis des autorités de santé et des médias

Le 22 septembre 2017, le journal Le Parisien a dévoilé les cachoteries de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament, sous la tutelle du ministère de la Santé, financée par une subvention de l’Etat, d’un montant de 137M€ annuels, qui a « oublié » de publier un rapport de son conseil scientifique pourtant censé être public. Et pour cause : ce rapport reconnaît les risques de l’adjuvant aluminium et conseille même de financer l’équipe du Professeur Romain Ghérardi pour approfondir les études qu’elle mène depuis 20 ans. Planqué sous le tapis depuis 6 mois, ce rapport a été miraculeusement mis en ligne par l’ANSM au lendemain du papier dans Le Parisien. Et toute la presse de s’emballer en faisant mine de découvrir les travaux de Romain Ghérardi !

Ces « grands médias » aux ordres et à la botte des labos ont déjà oublié leur mépris pour le travail de Ghérardi et de son équipe. Oubliées les intox savamment orchestrées, le relais permanent des calomnies proférées à son encontre par les médecins-chercheur.es-ambassadeur.es de l’industrie pharmaceutique, et pire encore, le silence sur l’avancée de ses recherches. Oublié ce même silence sur le combat permanent de l’association E3M, dont les membres — et certains très malades — n’ont pas hésité à faire une grève de la faim d’un mois devant le ministère de la Santé. Grève qui finira par aboutir à l’obtention de la seule subvention publique pour l’équipe de Ghérardi : 150 000€.

Ces malades, inoxydables militants espèrent aujourd’hui que les autorités de santé, dénoncées de toutes parts vont être contraintes de modifier leur projet de loi santé dictée par l’industrie.

La CNT Saint-Étienne se mobilise

En de nombreuses occasions, les Français.es ont exprimé à la fois leur attachement au principe même de la vaccination, et leur rejet de l’aluminium utilisé comme adjuvant, sensibles aux alertes lancées par de nombreux chercheur.es.

Au lieu d’obliger les industriels à re-fabriquer ces vaccins sans aluminium, le gouvernement choisit d’obliger les Français.es à recevoir cet adjuvant toxique…
Cette obligation vaccinale fait partie du cortège de lois et d’ordonnances que veut nous imposer Macron. Un énième fait du prince et de politique répressive. Dans les prochaines semaines, les député.es LREM vont devoir voter la loi d’Agnès Buzyn.

Si cette loi venait à passer, elle nous priverait de notre première liberté, celle de la maîtrise de nos corps, et de notre pouvoir à refuser l’injection de produits dangereux.
Seul un mouvement de résistance et de désobéissance générales peut contraindre le gouvernement à reculer sur sa politique liberticide et anti sociale.

La CNT Saint-Etienne soutiendra celles et ceux qui s’engageront aux côtés de E3M dans cette désobéissance et appelle toutes et tous les cénétistes à rejoindre ce combat majeur pour un bien commun, la santé.

La CNT Saint-Etienne s’engage dans une campagne de sensibilisation et d’information auprès des populations les plus en danger avec cette loi : les enfants des quartiers populaires suivis en PMI et les personnels de santé qui vont se retrouver malgré eux/elles acteur.es et victimes.