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Deux révolutions. La Chine populaire au miroir de l’URSS
Perry Anderson & Wang Chaohua (Agone)
Article mis en ligne le 11 novembre 2014
dernière modification le 16 septembre 2014

par C.P.
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« Au moment de franchir le seuil des réformes, l’URSS semblait présenter des conditions matérielles et culturelles bien plus favorables que la Chine. Son PIB était quatre ou cinq fois supérieur. Sa base industrielle, beaucoup plus large, employait proportionnellement deux fois plus de main-d’œuvre. Elle était mieux pourvue en ressources naturelles (combustibles fossiles, minerais précieux, terre) et beaucoup plus urbanisée. Sa population, mieux nourrie, disposait d’un apport calorique moyen moitié plus important que la population chinoise. Ses infrastructures étaient beaucoup plus développées. Enfin, l’enseignement y était très supérieur : l’alphabétisation était complète, le nombre d’étudiants vingt fois supérieur en données relatives, et le pays possédait un large vivier de scientifiques bien formés. »

Si le XXe siècle fut dominé, plus que par n’importe quel autre événement, par la trajectoire de la révolution russe, le XXIe sera façonné par les conséquences de la révolution chinoise. L’État soviétique, né de la Première Guerre mondiale, vainqueur de la Seconde, vaincu dans une copie refroidie de la Troisième, se décomposa après sept décennies sans grand fracas, aussi rapidement qu’il était jadis apparu. Le contraste avec les résultats de la révolution chinoise est saisissant. Courtisé par ses anciens ennemis tout autant que par ses alliés, l’Empire du milieu est désormais, pour la première fois de son histoire, une puissance mondiale de premier plan, dont la présence s’étend sur tous les continents..

Pour décrire la chute de l’URSS, aucune formule n’a autant été utilisée que celle d’« effondrement du communisme ». Vingt ans plus tard, cela sonne quelque peu eurocentrique. D’une certaine manière, le communisme n’a pas seulement survécu : il est une véritable réussite. Bien sûr, la nature et l’ampleur de ce tour de force ne manquent pas d’ironie. Mais sur la différence entre le destin des révolutions en Chine et en Russie, il ne peut pas y avoir l’ombre d’un doute. Cet ouvrage développe une analyse comparée des organisations politiques et des leaders, des traditions socio-historiques et des facteurs externes pour expliquer les fortunes diamétralement opposées du communisme en Russie et en Chine après 1989. Car seule une telle analyse peut permettre de comprendre la place qu’occupe désormais la Chine dans l’ordre mondial.

Historien britannique, Perry Anderson fut longtemps directeur de la New Left Review ; dernier livre paru en français : Le Nouveau Vieux Monde (Agone, 2010).

Intellectuelle dissidente très impliquée dans la mobilisation de Tienanmen en avril-juin 1989, membre de l’Institut d’études avancées de Nantes (2012-2013), Wang Chaohua a notamment édité le recueil One China, Many Paths (Londres-New York, 2003).



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