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Revue libertaire internationale en ligne
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Christiane Passevant
Les Zanars. Premier épisode : Aldine
Ronald Creagh. Illustrations de Diane Bianca Bonfils (ACL)
Article mis en ligne le 11 novembre 2014
dernière modification le 29 septembre 2014

par C.P.
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Les Zanars de Ronald Creagh. Le premier épisode, Aldine, est illustré par Diane Bianca Bonfils.

Le nouveau livre de Ronald Creagh, Les Zanars, nous surprend parce que l’on s’attendait à une analyse, sans doute dans le domaine des communautés. Mais non, il ne s’agit pas de cela… Enfin si, mais d’une façon détournée. Et comme tous les détournements, cela éveille la curiosité. Les Zanars, c’est d’abord une fable imprégnée de réalité, de réminiscence imaginée du chaos — un sujet qui tient à cœur de l’auteur — et d’observation de la vie en commun d’un groupe de personnes dans une situation bien particulière. C’est un peu comme sortir de la caverne et oublier les ombres.

Pour nous guider dans ce voyage un peu spécial, entre l’aventure et la fantaisie héroïque, il y a « Ten Sixty Six », numéroïde venant de Mars, éberlué par l’organisation et la philosophie des Zanars. Drôle de personnage celui-là qu’on hésite à prendre pour un humain reformaté ou pour un clone de celles et ceux qui sont partis en exil sur la planète rouge après la grande catastrophe. « Ten Sixty Six » se croit envoyé sur terre pour une mission, ou une enquête, mais il ne sait plus très bien laquelle, sa mémoire ayant peut-être été affectée par un bug de son ordinateur, implanté, qui lui sert de mentor et de Jiminy Cricket. La rencontre des Zanars va les étonner de même que leur expérience de vie en groupe. De là, à péter un câble… Il n’y a pas loin.

Science-fiction ou héroïc fantaisy libertaire ? Difficile de se prononcer.
Ce numéroïde, « Ten Sixty Six », intrigue. Que vient-il faire sur terre ? Quel est le but de sa mission, si tenté qu’il en ait une ? Pourquoi est-il si troublé
par ce qu’il découvre ?

Les Zanars, en revanche, sont sans mystère apparent : c’est une communauté, « sans administrateurs ni économistes », pratique et philosophe qui garde en mémoire la catastrophe planétaire qui a résulté de la folie humaine. On discute du passé, de l’avant catastrophe et de l’exil sur Mars, de la domination aussi qui reposait sur la dette, comme fondement de l’économie et du politique, et de prison modèle. Les échanges se poursuivent et sont abordées les questions de l’autonomie et de l’émancipation, du mythe sur le troc d’Adam Smith, et de la propriété que refusent les Zanars. Proudhon est passé par là… Les Zanars parlent d’usage et non de propriété.

Aldine — l’intello du groupe — et Papou, autre membre de la communauté libertaire, ne manquent pas d’humour et d’auto critique en disant tout de
go : « nos convictions sont nos œillères. » De quoi troubler Tintin et Jiminy Cricket, pardon « Ten Sixty Six » et son ordinateur. ce dernier en perd quelques barrettes de mémoire et se met à philosopher comme un vieux sage oriental : « Le chameaux ne rient pas entre eux de leurs bosses. ».

Tout cela pour vous dire que l’on peut de concert réfléchir, sourire, ne pas se prendre au sérieux et se distraire… C’est un peu cela Les Zanars et son
premier épisode. Imprévisible la suite ? Ronald Creagh a beau nous dire qu’il a reçu des mises en garde martiennes, il faudrait nous en dire un peu plus sur le chaos, table rase de l’imagination…

Dans le deuxième épisode à venir, la suite, Valcheta, Patagonie ?



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