DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
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Emilie Cauquy et Hervé Pichard
Avoir 20 ans dans les Aurès
À propos d’une restauration
Article mis en ligne le 7 octobre 2012
dernière modification le 27 septembre 2012

par C.P.
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Depuis 2007, La Cinémathèque française participe à la campagne de préservation des films de René Vautier, initiée par l’Association Mas o Menos (dirigée par Moïra Chappedelaine-Vautier, fille du cinéaste) et la Cinémathèque de Bretagne, active sur le chantier dès 2003. Ainsi, des copies neuves de plusieurs courts métrages devenus invisibles ont été réalisées : Les Trois cousins, Les Ajoncs, Afrique 50 ou encore La Folle de Toujane (copie étalonnée par le chef opérateur Pierre Lhomme). Certains négatifs des films furent déposés et conservés depuis dans les collections de La Cinémathèque française.

Les moyens numériques les plus perfectionnés ont été mis en oeuvre pour retrouver les qualités originelles du film. Les travaux ont été menés au laboratoire Digimage, sous l’expertise technique d’Hervé Pichard et de Florence Tissot pour La Cinémathèque française, en association avec Moïra Vautier. Le projet bénéficie de l’aide sélective à la numérisation des oeuvres cinématographiques du Patrimoine du CNC. Les travaux sont également financés grâce à La Cinémathèque française, la Cinémathèque de Bretagne et la Région Bretagne, le Festival du film français de Richmond.

Le négatif et les éléments de tirage étaient stockés au laboratoire LTC, inaccessibles depuis plus de 20 ans pour des raisons juridiques. Il était devenu impossible de disposer d’une copie non dénaturée, non abîmée que ce soit sur support 35mm ou vidéo.

Après le déblocage des éléments chez LTC, les négatifs originaux (négatif et mixage original magnétique 16mm) et éléments de tirage (internégatif inversible 35mm, internégatif son 35mm) ont été expertisés au laboratoire Digimage à Joinville-le-Pont et les premiers tests numériques ont pu être menés. Le film a été tourné en 1971, en 16mm, puis gonflé en 35mm. La qualité du négatif 16mm est bien supérieure à celle de l’internégatif inversible 35mm. Le gonflage réalisé en 1972 est un élément de deuxième génération (perte de netteté, image rognée sur les quatre côtés).

Ainsi, si le négatif 16mm demeurait le support de référence pour la qualité des images, l’inversible 35 constituait l’élément de référence pour le montage définitif (certaines scènes n’existent que sur ce support). Il a donc été également numérisé pour intégrer les séquences uniques. Enfin, les collures entre les plans avaient été coupées dans le montage définitif : à chaque changement de plan, deux à quatre photogrammes avaient été supprimés. La conformation numérique respecte ces coupes, établies et voulues lors de l’exploitation du film.

Quant à la restauration sonore, elle est réalisée à partir du magnétique son 16 mm et de l’internégatif son 35 mm. Ces supports, en partie dégradés, ont été numérisés à partir du prototype Résonances mis au point conjointement par l’Ecole des Mines, l’Université de la Rochelle, GTC et Sondor.

L’étalonnage a été effectué par Pierre-William Glenn ; l’ensemble de la restauration a été validé par Moïra Vautier et La Cinémathèque française en août 2012.

Sauvegarde : La restauration de Avoir 20 ans dans les Aurès s’inscrit dans la campagne de sauvegarde et de diffusion de l’oeuvre de René Vautier mais aussi, de façon plus générale, au coeur de la mission de préservation d’un film important du cinéma français. La célébration de l’Indépendance algérienne, des 50 ans du cessez-le-feu et autres accords d’Évian serait presque à considérer comme une coïncidence cynique face à tant d’actions
« officielles », d’escamotages médiatiques et artistiques menés pour que ce film humaniste ne puisse exister, être vu et entendu.

P.S. :

Voir en ligne : http://www.cinematheque.fr/fr/musee...



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