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Alain Musset
Des communautés mayas en lutte pour leurs terres. San Juan Sacatepéquez contre l’entreprise CEMPRO
Article mis en ligne le 1er juillet 2014
dernière modification le 9 juin 2014

par C.P.
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En mai 2014, Isabel Turuy Patzan, maire communautaire du village d’el Pilar II à San Juan Sacatepéquez (Guatemala) a été invité à Paris et à Bruxelles par l’Union européenne pour participer au forum annuel de l’Instrument européen sur la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) [1]. Agé de trente-deux ans, ce floriculteur maya spécialisé dans la production de roses est devenu le porte-parole de douze communautés directement affectées par la présence sur leur territoire de la compagnie Cementos Progreso (CEMPRO) qui, au nom de la modernité et du développement économique, pille les ressources locales, prive les paysans de l’accès à la terre, détruit l’environnement et menace des lieux sacrés (figure 1).


Figure 1. Localisation de San Juan Sacatepéquez.

Le conflit a débuté en 2006 quand l’entreprise, sans consulter les populations locales, a décidé d’ouvrir une carrière, de construire une cimenterie présentée comme la plus grande d’Amérique centrale et de tracer une route sur des terres agricoles situées à proximité de la capitale. Le projet ayant reçu l’aval du Ministère des Mines et de l’énergie, une première étape a été marquée par le déboisement d’une partie des terrains concédés (au total 19 km2), l’excavation de plusieurs collines et le nivellement d’un vaste espace destiné à accueillir les installations industrielles. Pendant plusieurs mois, les riverains du chantier ont vécu
dans un tourbillon permanent de bruit, de poussière et de fumée.

Depuis cette date, les petits paysans de la région, en majorité des mayas kaqchikeles, tentent de résister au rouleau compresseur d’une compagnie dont les propriétaires entretiennent des liens étroits avec les cercles du pouvoir politique, judiciaire et militaire. Cette alliance s’inscrit dans un contexte historique bien connu : celui du long conflit armé qui a ravagé le pays depuis le début des années 1960 jusqu’au milieu des années 1990 et qui a fait plus de 200 000 victimes, essentiellement parmi les communautés indigènes (figure 2).


Figure 2. À l’entrée de la cathédrale de Guatemala, sur douze piliers consacrés à la mémoire du conflit armé s’alignent les noms de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants assassinés par les militaires et les milices d’extrême-droite (© Alain Musset, 2014).

Le combat mené par Isabel Turuy est à la fois difficile et dangereux car les autorités locales et nationales défendent ouvertement les intérêts du secteur privé. C’est ainsi qu’en juin 2008 l’état d’exception a été imposé par l’armée dans la zone en conflit, entraînant de nombreux abus de la part des militaires. Réunies dans l’association Flores en resistencia [2], les communautés de San Juan Sacatepéquez comptent néanmoins sur l’aide des Brigades Internationales pour la Paix (Peace Brigades International), ONG associée à l’ONU qui envoie partout dans le monde des équipes de volontaires afin d’offrir leur protection aux membres d’associations de défense des droits humains menacés par la violence politique [3].

Le 16 mai dernier, j’ai pu rencontrer Isabel Turuy pour lui demander de nous présenter la lutte de son peuple contre les compagnies minières et contre l’oligarchie au pouvoir qui, malgré le retour à la paix civile,
continue à contrôler tous les leviers du gouvernement. À la recherche d’appuis politiques pour défendre les droits de sa communauté, il a
répondu à mes questions en insistant sur les conditions d’insécurité physique et juridique qui caractérisent tous les mouvements de
résistance populaire non seulement au Guatemala mais aussi en
Amérique latine, de la frontière entre le Mexique et les États-Unis
jusqu’à la Terre de Feu et la Patagonie.

Entretien avec Isabel Turuy Patzan

Leader communautaire de San Juan Saquatepéquez [4]

Alain Musset : Bonjour Isabel, pourrais-tu me dire quel est ton rôle comme leader communautaire de San Juan Sacatepéquez ?

Isabel Turuy Patzan (figure 3) : Je suis porte-parole des douze communautés de San Juan Sacatepéquez. Notre lutte, le rôle que nous avons, est de défendre notre terre et notre territoire.


Figure 3. Isabel Turuy Patzan (© PBI)

Alain Musset : Pourrais-tu nous expliquer quel est le projet de cette cimenterie installée sur votre territoire ?

Isabel Turuy Patzan : L’entreprise a commencé à violer nos droits humains en 2006, en s’imposant malgré l’opposition des communautés. C’est un mégaprojet de Cementos Progreso qui appartient à la famille Novelito Revierte [5]. À travers de son entreprise, cette famille a obtenu du Ministère des mines et de l’énergie une concession de 19 km2 et l’exploitation de 36 minéraux sur notre territoire.

Alain Musset : Ce n’est donc pas seulement une cimenterie. Ses activités ont beaucoup plus d’impact sur l’environnement, n’est-ce pas ?

Isabel Turuy Patzan : Bien sûr, beaucoup plus ! Depuis 2006 nous avons vu les premiers effets de la poussière soulevée par les travaux de terrassement. Ensuite, ils ont déboisé des forêts originelles, sans respect pour la faune et la flore. Au total, 84,5 hectares ont été rasés. Cela fait mal au cœur. Ils ont aussi détruit nos collines sacrées. L’une d’entre elles a été privatisée, ce qui est un attentat contre notre cosmovision maya car elle avait pour nous une grande importance. C’est là que nous faisions nos offrandes comme le faisaient nos ancêtres avec les fruits de la Terre. Mais malheureusement, avec l’arrivée de l’entreprise, ils ont tout privatisé et depuis nous n’avons plus accès aux lieux sacrés de cette zone.

Alain Musset : Combien de lieux sacrés très importants pour la communauté ont été affectés par ce projet ?

Isabel Turuy Patzan : Il y en a trois : le cerro Machun, l’autel du Calvaire et le Pozo vivo. C’est très important pour nous. C’est lamentable d’en arriver là alors que nous avons organisé des réunions et que nous avons fait appel au Ministère de la culture et des sports, à travers sa direction technique, pour obtenir leur déclaration comme patrimoine culturel intangible. Mais on voit bien la faible capacité d’action du Ministère et la mauvaise volonté de l’entreprise Cementos Progreso qui a privatisé l’accès aux lieux sacrés. Jusqu’à aujourd’hui on ne nous a pas autorisé à réaliser une étude sur place pour qu’on le déclare patrimoine culturel comme nous le voudrions.

Mais on a aussi le cas, dans une propriété voisine, d’un fermier qui a privatisé un cimetière de la localité, ce qui est tout aussi lamentable. Il y a des dates importantes pour nous et en particulier le premier novembre, jour de la Toussaint, où nous honorons nos morts. Nous voudrions avoir accès au cimetière mais nous ne pouvons plus y entrer pour enterrer nos êtres chers. C’est vrai qu’il est situé à l’intérieur d’une exploitation, mais c’est un cimetière qui a plus de quatre-vingts ans !

Nous pensons tous que dans ce conflit qui nous oppose à la cimenterie, il est du côté de l’entreprise. Il interdit l’accès au cimetière aux membres de la communauté qui ont résisté à son installation. Il ne donne pas le droit aux familles de faire des enterrements en ce lieu, ce qui est parfaitement lamentable.

Alain Musset : Est-ce que vous avez demandé l’aide d’universitaires, des anthropologues par exemple, pour faire des recherches sur vos traditions, vos rites et vos lieux sacrés ? Ce serait une bonne occasion de faire connaître et de défendre les droits de la communauté, non ?

Isabel Turuy Patzan : Oui , en fait, c’est ce que je disais au sujet du ministère de la culture et du sport, mais nous voyons bien que l’entreprise pose de nombreux obstacles sur le chemin. Il y a eu des accords avec le ministère pour qu’ils viennent au moins deux jours où il y a des cérémonies, parce qu’il y a dans nos communautés des guides et des anciens qui peuvent témoigner. Nous avons aussi des anthropologues qui peuvent réaliser tous les types d’études. Mais, malheureusement, ils ne peuvent pas entrer directement là où se trouve la colline sacrée. Un représentant de la compagnie nous a dit : « mais comment pouvons-nous savoir qu’il s’agit d’un lieu sacré ? ». Bien sûr, eux ne peuvent pas le savoir parce qu’ils ne sont pas d’ici. Mais nous et nos grands-parents nous le savons parce que nous avons grandi ici. Ils y faisaient des offrandes et c’est lamentable de ne plus y avoir accès. C’est de loin maintenant que nous regardons la colline sacrée, mais nous ne pouvons pas entrer. On peut toujours essayer de passer, mais alors les gardes privés interviennent et peuvent même vous séquestrer. C’est déjà arrivé (figure 4).


Figure 4. Manifestation contre l’installation de la cimenterie sur les terres de San Juan Sacatepéquez (© PBI).

Alain Musset : Parce qu’ils empêchent de passer, non ? Il y a une clôture ou des gardes qui surveillent ?

Isabel Turuy Patzan : Il y a les deux : ils ont installé une double clôture. En plus, il y a les gardes privés. En fait, on assiste actuellement à une série d’expropriations des terres communales sous prétexte de construire une route dans la région. Nos voisins s’en rendent compte maintenant, en particulier une femme qui a vu disparaître la clôture de sa propriété parce que les machines avaient déjà commencé à pénétrer sur son terrain. Dans celui de la ferme où se trouvent nos collines sacrées on ne peut plus entrer parce que, si vous entrez, les gardes sont capables de vous tuer. C’est pourquoi nous voyons dans tout cela une grande inégalité. Nous avons porté plainte contre tous ces agissements. Malheureusement, ces plaintes ne sont pas étudiées par les juges ou par le ministère public. Nous croyons qu’il y a un certain nombre d’accords passés entre les juges et l’entreprise. Nos plaintes n’ont jamais été suivies d’une enquête.

Alain Musset : : Mais quel est le statut de la terre. Ce sont des biens collectifs, des terres communales ? Comment ont-ils pu s’emparer de ces terrains ?

Isabel Turuy Patzan : Les terres ont des titres communaux parce que, historiquement, elles sont de nos grands-parents. En 1960 on a obtenu des titres communaux par nos grands-parents. Actuellement, ce sont des titres communaux. Mais il y a aussi des propriétés privées. Comme nous sommes douze communautés, certaines disposent d’écritures privées, comme on le dit dans la capitale, à Guatemala. Mais elles ne sont pas plus respectées. On viole directement la propriété privée. Ils parlent tous de la question de la propriété privée, mais ils ne la respectent pas. Vraiment, il y a une indifférence totale pour notre cause.

Alain Musset : Combien de personnes sont affectées par le vol des terres, par l’impact environnemental de l’exploitation minière ? Combien de personnes sont touchées dans les douze communautés de San Juan Sacatepéquez ?

Isabel Turuy Patzan : Les douze communautés ont une population de 60 000 habitants. L’entreprise affecte les douze communautés mais deux d’entre elles sont situées près de la ferme de San Gabriel où est installée la cimenterie. Donc, plus précisément, deux communautés sont spoliées par l’entreprise : San Antonio de las Trojas I et San Antonio de las Trojas II.

Les deux communautés sont complètement désespérées parce que, lors de la première phase du réaménagement des terrains pour faire la plate-forme, il y a même une maison dont on a pris la photo qui est restée accrochée à la pente, à l’entrée de l’endroit où est installée la cimenterie. Depuis 2008, les familles voisines n’ont plus de tranquillité avec tout le bruit des machines et avec l’air pollué par la poussière. C’est un véritable préjudice psychologique que subissent les communautés.

Pire encore, l’entreprise nous menace, nous harcèle, nous criminalise. Elle a engagé contre nous quatre-vingt-six actions pénales. Cinq camarades sont en prison. L’un d’entre eux a été condamné à 150 ans de prison.

Alain Musset : Quelles sont les charges ?

Isabel Turuy Patzan : Il a été inculpé pour triple assassinat. C’est vraiment incroyable, mais la stratégie employée par la cimenterie vise à criminaliser tous les défenseurs des droits humains qui défendent leurs terres et leurs territoires. C’est pour ça que j’ai dit qu’il y a cinq camarades en prison. Au total, 86 personnes ont été emprisonnées. Les autres ont pu être remis en liberté. Nous avons avancé un demi-million de quetzales [6] pour payer la caution. C’est un désastre économique pour les communautés.

Alain Musset : Tu as aussi parlé de menaces physiques, pas seulement de la loi mais aussi de la force

Isabel Turuy Patzan : Il n’y a pas seulement la loi, mais aussi des menaces physiques. Il y a eu des agressions de la police et de l’armée (figure 5). Ce sont les mêmes qui, selon le gouvernement, assurent la sécurité des citoyens guatémaltèques. Mais on peut parler d’un seul cas exemplaire : un assaut de la police. C’était le 14 décembre 2007, quand la police a tiré des gaz lacrymogènes, quand des femmes ont été violées. Toute une série d’agressions dont la police est responsable. Nous avons dénoncé tout cela mais, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu de résultat, il n’y a eu aucune enquête de la part du ministère public. Il y a donc une violence totale du gouvernement, de l’État, que nous pensons soumis au pouvoir économique actuel de notre pays.

Le même gouvernement a contribué à la criminalisation et à la répression. Il s’agit d’une campagne de dénigrement contre nous. On nous accuse d’être des terroristes. On nous accuse d’actes de violence dans les communautés. On nous accuse de fabriquer des bombes, et pourquoi pas atomiques et bactériologiques ? C’est préoccupant. Si nous regardons les douze communautés, 80 % d’entre nous travaillent dans l’agriculture. Nous travaillons la terre. Nous sommes des agriculteurs. Nous produisons en particulier des roses. Comme derrière tout cela se cachent les intérêts de la cimenterie, on nous accuse d’un tas de crimes, ce qui n’est pas vrai.

Ce qui est arrivé, c’est qu’il y a eu une attaque de la police tout simplement parce qu’on avait réuni une assemblée communautaire. Le représentant du gouvernement a dit qu’on bloquait le passage, mais nous faisions une assemblée communautaire. À ce moment précis, un camarade était emprisonné et le but de l’assemblée était de réunir 10 000 quetzales [7] pour payer sa caution et obtenir sa remise en liberté. C’est une série d’attaques qui ont été dirigées contre nous.


Figure 5. Protestations contre l’intervention de l’armée à San Juan Sacatepéquez : « Les enfants de Pilar II veulent des instituteurs, pas des soldats » (© PBI).

Alain Musset : Nous avons parlé des attaques, des persécutions. Quelles sont maintenant les formes de lutte ? Comment vous pouvez lutter contre ce pouvoir économique et contre l’État guatémaltèque ?

Isabel Turuy Patzan : C’est une question très difficile parce que le pouvoir économique au Guatemala est puissant. Quand nous parlons, par exemple, du thème politique, c’est très délicat et très difficile. Le pouvoir économique s’est emparé de tout. Nous essayons d’épuiser tous les recours au Guatemala et de voir comment ouvrir les portes internationales pour continuer à réclamer par la voie légale. Parce que la lutte est toujours pacifique. Tout ce qu’on fait est par la voie légale.

Alain Musset : Par exemple, en Argentine on a coutume de bloquer les routes pour protester. Vous n’utilisez pas ce type d’instrument pour défendre vos idées ?

Isabel Turuy Patzan : On n’a jamais fait ça ici. On a toujours organisé des marches, des défilés pacifiques, pour que le gouvernement écoute les demandes de la population (figure 6). Mais jamais on n’a fait de blocages.


Figure 6. Une marche pacifique pour défendre les droits des communautés indigènes de San Juan Sacatepéquez (© PBI).

Alain Musset : Est-ce que toutes vos actions ont eu pour cadre la zone de San Juan Sacatepéquez ? Êtes-vous allés à la capitale pour revendiquer ?

Isabel Turuy Patzan : Nous avons agi au niveau du gouvernement local, de la municipalité. Presque tous les ans nous avons engagé des actions. Historiquement, il faut rappeler la marche des 13 et 14 juin 2009, quand nous sommes sortis de nos communautés pour faire la première moitié du chemin. Le deuxième jour, on a continué à marcher et nous avons rencontré les trois pouvoirs de l’État. Mais ce sacrifice n’a donné aucun résultat. Les gens n’ont rien obtenu. Il y a des actions pacifiques locales que l’on a engagées aussi dans la capitale. C’est ce qu’on a fait tout le temps.

Alain Musset : Il y a d’autres cas similaires au Guatemala ?

Isabel Turuy Patzan : Oui, le thème des communautés de San Juan est un combat qui dure depuis 7 ans, mais San Juan n’est qu’un exemple parmi d’autres car de nombreuses entreprises ont la même stratégie dans d’autres villages. La façon dont on a criminalisé les défenseurs des droits humains à San Juan a aussi été utilisée à Santa Cruz Huehuetenango. On a imposé à Santa Cruz une centrale hydroélectrique qui a été bloquée par les habitants [8]. C’est aussi le cas à Santa Maria Xalapan avec la compagnie minière San Rafael installée sans respect pour la consultation qui a été faite. Ils ont également subi un blocage [9]. Les camarades ont organisé une résistance pacifique. On a aussi La Puya, San José del Golfo, San Pedro Ayampuc [10]. C’est aussi la question de l’usine hydroélectrique Chalalano. C’est un thème très préoccupant parce qu’un fleuve a été détourné et qu’on doit affronter le problème des monocultures industrielles. Il est incontestable que les peuples autochtones, les paysans du Guatemala, sont confrontés à un nouveau vol de leurs territoires.

Alain Musset : Dans de nombreux pays latino-américains des communautés indigènes luttent pour leurs droits. C’est le cas au Chili des communautés Mapuches qui s’opposent aux centrales hydroélectriques, par exemple. Avez-vous des relations avec ces luttes ? Sais-tu ce qu’il se passe ailleurs ? As-tu des contacts ? Vous pourriez peut-être organiser un front uni des communautés indigènes pour vous opposer à la spoliation de vos terres ancestrales…

Isabel Turuy Patzan : Nous avons assisté en novembre au Cinquième sommet continental auquel ont participé plusieurs pays confrontés aux mêmes problèmes [11]. L’année dernière, j’ai également participé à Oaxaca à la première Conférence internationale des peuples autochtones qui font face à des situations très difficiles [12]. Ce que nous prévoyons est d’unifier les différentes luttes au Guatemala et d’avoir une communication directe avec les peuples au niveau latino-américain. Nous faisons également partie du Mouvement méso-américain contre le modèle minier extractif, le M4 (figure 7). Nous avons tenu compte de la participation de plusieurs peuples indigènes d’Amérique centrale. Nous pensons que la lutte des communautés a été renforcée. On voit par exemple que nous avons fait des communiqués en commun et que nous nous sommes prononcés contre le vol et l’accaparement des terres.


Figure 7. Logo du Mouvement méso-américain contre le modèle minier extractif : « Stratégies pour la défense de la terre et du territoire » (http://www.movimientom4.org).

Alain Musset : J’ai une question un peu compliquée parce qu’il y a ici deux représentantes de PBI, mais pourrais-tu nous dire rapidement quel est le rôle de cette ONG dans la lutte et comment ils vous apportent leur appui ?

Isabel Turuy Patzan : Je pense aussi que cette lutte des communautés nous a ouvert la porte de plusieurs organisations, des ONG, qui ont offert un soutien international à nos communautés. C’est pourquoi nous les avons contactés quand nous avons su qu’il y avait un projet PBI Guatemala dédié à l’accompagnement des communautés. Mais nous regrettons que les campagnes de diffamation [organisées par les autorités guatémaltèques] impliquent non seulement PBI mais aussi la communauté internationale. On prétend que PBI pratique le terrorisme à San Juan Sacatepéquez parce que, de toute évidence, cela ne convient ni au gouvernement, ni aux entreprises. Mais tout ce qu’ils font, c’est accorder un soutien et informer la communauté internationale du fonctionnement de la justice au Guatemala. Ils montrent comment on bafoue les droits de la défense au Guatemala afin d’occulter le thème de la lutte des communautés.

Alain Musset : Merci à toi, Isabel, et toutes nos amitiés aux membres de ta communauté qui luttent pour conserver leurs terres et leur identité.

Notes :

[4Transcription : Anaïs Lallemant. Traduction : Alain Musset.

[5Fondée en 1899 par Carlos Federico Novella Klee, Cementos Progreso est la principale cimenterie guatémaltèque et l’une des plus importantes d’Amérique centrale. Elle se targue d’agir de manière sociale, responsable et dans la perspective d’un développement durable (http://www.cempro.com/desarrollo-sostenible).

[6Environ 47 000 euros au cours du 04/06/2014.

[7Environ 941 euros (taux du 04/06/2014).

[8L’entreprise espagnole Ecoener Hidralia Energía est directement impliquée dans ce conflit qui a fait un mort en mai 2012.

[9En 2013, une juge a donné l’ordre d’incarcérer dix-huit dirigeants communautaires de Mataquescuintla, Santa María Xalapán, Jalapa et San Rafael las Flores parce qu’ils troublaient l’ordre public. Exaltación Marcos Ucelo, représentant de la communauté Xinka de Santa Maria Xalapan, a été enlevé en mars 2013 par un groupe paramilitaire. Il a été torturé et achevé d’une balle dans la tête. On a retrouvé son corps au bord de la route.

[11Il s’agit du Cinquième sommet des peuples et nationalités autochtones de l’Abya Yala qui s’est tenu en Colombie du 10 au 16 novembre 2013.

[12Premier congrès international « Les peuples indigènes d’Amérique latine, XIXe-XXIe siècles. Avancées, perspectives, défis » (Oaxaca, 28-31 octobre 2013).

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