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Philomène Le Bastard
Real. Film de Kiyoshi Kurosawa
Article mis en ligne le 30 mars 2014
dernière modification le 4 avril 2014

par C.P.
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À la suite d’une tentative de suicide, Atsumi, jeune dessinatrice de mangas, est dans le coma. On a retrouvé sur sa table de travail une série de desseins sur des meurtres qui devait constituer une nouvelle parution. Des pistes ? Peut-être. Mais le mystère reste entier.

Afin de comprendre cet acte qu’il ne s’explique pas, son compagnon, Koichi, tente alors une expérience, entrer en contact avec elle grâce à un nouveau procédé clinique inauguré dans l’hôpital où est soignée la jeune femme. S’ensuivent alors des voyages dans l’inconscient de l’autre.

Real de Kiyoshi Kurosawa [1] ou labyrinthe et monde fantasmé où se mêlent mémoire, souvenirs personnels, vision et perceptions présentes ou passées de Atsumi. Le dédale se fait de plus en plus oppressant entre passé et présent, création et réalité, apaisement et cauchemar, et entraîne les deux protagonistes dans un univers où la présence de l’eau est constante, inquiétante et incontournable. Au détour de scènes, pointe aussi l’absurdité d’un urbanisme mortifère.

Si la première impression laissée par le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa est certainement la poésie associée au merveilleux, c’est aussi une analyse du processus de création.

Quelles sont par exemple les ramifications de la démarche créative avec l’enfance, avec des traumatismes vécus, avec des souvenirs enfouis, de la culpabilité refoulée ? Quelle est la différence entre conscience et inconscience ? Quelle est la frontière entre le réel et l’irréel ? « Qui sait si être dans le coma, c’est être mort ou vivant ? J’ai trouvé ce thème à la fois lourd et intéressant », explique Kiyoshi Kurosawa.

La plongée dans la mémoire de Atsumi, la destruction de la nature, la disparition d’un monde et les meurtres perpétrés à travers les mangas font de Real de Kiyoshi Kurosawa une parabole fascinante de l’amour et de la mort.

Aucun des effets spéciaux n’est inutile à l’intrigue ou superficiel. Chaque image, chaque trucage participe au voyage dans l’inconscient de l’autre, l’intime associé à une réalité recréée. L’eau présente, envahissant le paysage, l’appartement, l’eau qui détient un secret et un passage vers ailleurs. La métaphore avec l’univers manga donne des clés ou détourne l’attention pour ajouter au climat envoûtant d’une histoire d’amour pas comme les autres.

Notes :

[1Real de Kiyoshi Kurosawa (Japon, 2014, 2h07) est tiré d’un roman, A perfect day for plesiosaur de Rokurou Inui. Scénario : Kiyoshi Kurosawa et Sachito Tanaka. Musique : Kei Haneoka. Image : Akiko Ashizawa. Lumière : Hidenori Nagata. Décor : Mami Ishida. Son : Shinji Watanabe. Effets spéciaux : Jun Yokoishi, Keigo Kagamihara. Montage : Takashi Sato. Avec Takeru Sato, Haruka Ayase, Jô Odagiri, Miki Nakatani, Kyoto Koizumi.

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