DIVERGENCES 2
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Christiane Passevant
Désobéir au colonialisme
Patrick Farbiaz (Passager clandestin)
Article mis en ligne le 30 mars 2014
dernière modification le 13 mars 2014

par C.P.
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« Désobéir : des données pour comprendre, des arguments pour discuter, des conseils pratiques pour s’opposer. » Définition parfaite pour cette nouvelle parution, Désobéir au colonialisme, tout à fait dans la ligne de la collection des désobéissants. Le livre est très utile car il fait la synthèse, non seulement des lois coloniales, des enjeux impérialistes, de l’histoire, de l’idéologie et des pratiques coloniales, mais il souligne également les implications et l’influence du colonialisme sur la société. Influence qui perdure sur les idées, les comportements, les attitudes… Sur la culture et les mentalités, en France, et hors de l’hexagone.

Profondément ancrée dans les esprits, l’idéologie coloniale est toujours aussi prégnante, et le racisme, qui en est l’illustration et la base, s’exprime de plus en plus ouvertement à travers des amalgames douteux assénés comme des vérités premières, sans que la moralité ou les principes en soient dérangés. La déshumanisation, la « chosification » de l’autre, de l’ex colonisé-e, permet et justifie la violence, la discrimination, la barbarie… Il ne faut pas oublier que les pouvoirs, sous des dehors parfois angéliques et même moralisateurs, instrumentalisent et utilisent les amalgames, histoire de diviser pour mieux régner, ou encore à des fins électoralistes.

Désobéir au colonialisme est donc un petit livre à mettre dans la poche, un outil pour décrypter le colonialisme, s’y opposer et y désobéir. Or, c’est bien connu, pour comprendre le présent, il faut connaître le passé afin de mieux discerner comment une idéologie s’impose et comment un processus permet de passer du stade de la propagande à celui de sens commun.

« Le colonialisme n’est pas mort. […] Le colonialisme, c’est-à-dire à la fois le phénomène de la colonisation (occupation territoriale), et l’idéologie qui l’accompagne, n’est pas mort. De nombreuses situations coloniales demeurent, et l’idéologie coloniale continue de produire des effets là où elle est réputée disparue. »

Il s’agit donc de « décoloniser les imaginaires »

Non, « le colonialisme n’est pas mort avec la fin de la guerre d’Algérie et de l’Empire français. Il se perpétue à travers des occupations de territoires de la Palestine au Sahara occidental, du Kurdistan au Tibet. L’ordre colonial prend de nouvelles formes : néocolonialisme, Françafrique, colonialisme interne, territoires d’outre mer, dette financière, ou écologique, accaparement des terres, contrôle des images et des sons…

En France, les discriminations racistes instituent une ségrégation post coloniale dans les quartiers populaires tandis que les nostalgiques de la
« colonisation positive » relèvent la tête. Face au nouvel ordre colonial,
une nouvelle génération de militants anticolonialistes invente de nouvelles formes de désobéissances, liant le passé, le présent et l’avenir pour résister et décoloniser. »

C’est le but de ce livre de Patrick Farbiaz qui donne aussi des exemples concrets et les moyens pour contrer l’idéologie dominante.



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