DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
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Une histoire populaire du 13e arrondissement de Paris
Jean-Louis Favre (L’Harmattan)
Article mis en ligne le 30 mars 2014
dernière modification le 12 mars 2014

par C.P.
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Dans cet arrondissement de Paris, les classes populaires sont apparues dès l’Ancien Régime. Leur composition et leur évolution ont beaucoup dépendu de la géographie des lieux. Leur diversité s’est ancrée dans l’espace. Celui-ci conserve leur mémoire à travers l’urbanisation, quartiers modestes et habitat social, rues et parcs, commerces et écoles, grands sites industriels transformés, mais dont les noms restent évocateurs.

Les cités qui ont reçu des vagues migratoires successives jouxtent les immeubles en briques rouges ornés de céramiques abritant classes populaires et classes moyennes. Ils perdurent aux côtés de récentes opérations de standing. Le lien social y fut imprégné de charité pour
cette « classe laborieuse » et de répression pour cette « classe
dangereuse ».

Nous avons parcouru le quartier de Maison-Blanche et y avons découvert
un nouveau lien social, volontariste, porté par les institutions et les associations pour le « mieux vivre ensemble ». Il s’est construit autour de spectacles, fêtes de quartier, défense des droits, assistance et rencontres.
Il a révélé des identités multiples et changeantes, plus sociétaires que communautaires et, chez les jeunes sans travail régulier des cités, une conscience en construction. Mais cette proto-conscience est proche d’un
« autisme social », sans discours et sans projet, d’un repli face aux discriminations, au chômage, à la répression policière et aux situations familiales souvent difficiles. Cet ouvrage fera découvrir la construction d’un arrondissement de Paris et ces nouveaux rapports sociaux entre classes populaires et classes moyennes.

Professeur des universités en mécanique (Ecole Centrale Paris), Jean-Louis Favre a commencé les analyses de classes lors des mouvements des années 1970, Quelques éléments sur les bases matérielles des contradictions dans le prolétariat (suppl. PLR n°11, 1974). Diplômé de l’EHESS, il a été chercheur au Centre Maurice Halbwachs. Il poursuit ses travaux sur les classes sociales au laboratoire Cultures et Sociétés en Europe de l’Université de Strasbourg.

« …Avant, je me suis retrouvé à bosser chez Renault à Flins ; je n’étais qu’avec des jeunes, pas de discrimination à l’embauche… Ouvrier ? Ce n’est pas notre langage de parler de l’usine, des ouvriers. Nous, on vit comme si c’était le dernier jour parce qu’on peut se réveiller demain ou ne pas se réveiller…travailler, faire de l’argent et aider sa mère avant qu’elle ne parte ou que toi tu ne partes ». Coulibaly, 22ans (p.143).



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