DIVERGENCES 2
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Alain Musset
Le thème de la femme et du genre dans les peintures murales de San Francisco
Article mis en ligne le 31 décembre 2013
dernière modification le 11 décembre 2013

par C.P.
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À San Francisco, les peintures murales du quartier de Mission accordent une place importante à la femme (comme objet de désir, comme fantasme ou comme figure de la résistance à l’ordre établi) et au genre – selon des modalités le plus souvent revendicatrices, en particulier au sein de la communauté LGBT. Prises en juin 2013, les quelques photos présentées ici ne prétendent pas faire le tour de la question : elles illustrent la diversité et l’ambiguïté des représentations de la femme et des relations de genre dans l’art pictural des rues de San Francisco, tout en révélant la variété des styles et des approches des différents artistes, souvent anonymes, qui ont utilisé les murs pour exprimer leurs émotions ou leur colère [1].

Dans ce vaste corpus, les peintures du Women’s Building jouent un rôle central. En effet, depuis 1979, l’organisation des San Francisco Women’s Centers occupe un immeuble de la 18e rue, entre Guerrero et Valencia. Cette association a organisé un espace communautaire entièrement contrôlé par des femmes qui se battent pour l’autodétermination, l’égalité des sexes et la justice sociale. Chaque année, on y accueille plus de 20 000 femmes à qui les permanentes proposent trois grands types de services : une aide économique directe ou indirecte (recherche d’un emploi) ; la participation à des activités culturelles et artistiques ; l’amélioration de leurs conditions de vie grâce à l’éducation et à la mise en valeur de leurs capacités personnelles et collectives (http://www.womensbuilding.org/twb/). En 1994, une grande peinture murale (The Maestra Peace Mural) a été réalisée sur la façade principale de l’édifice afin de mettre en valeur le rôle des femmes non seulement dans les Amériques mais aussi dans le monde entier.


1. The Maestra Peace Mural est l’une des œuvres les plus connues du district de Mission. Ses couleurs vives illuminent toute la façade du Women’s Building (Casa de la Mujer).


2. La figure de Rigoberta Menchu, indienne maya élue prix Nobel de la paix en 1992, domine le Maestra peace Mural. Elle tient dans sa main gauche la Coyolxauhqui, sœur mythique de Huitzilopochtli, dieu tribal des aztèques, démembrée par son frère parce qu’elle avait osé se dresser contre lui.


3. Parmi les femmes remarquables représentées sur le Women’s Building, on trouve Hanan Ashwari, porte-parole de la cause palestinienne.


4. Le silence, c’est la mort. Pour défendre la cause des femmes et leur droit à la santé, les muralistes ont choisi deux grandes figures de la société nord-américaine : Audre Lorde (1934-1992), poétesse originaire de Harlem, et Jocelyn Elders, pédiatre connue pour avoir défendu le droit à la contraception féminine.


5. À côté des figures illustres, on trouve aussi des personnages de tous les jours, telle cette enfant blonde qui tient entre les mains une poupée « ethnique », symbole du mélange des cultures.


6. La vie quotidienne n’est pas oubliée, comme on peut le voir avec cette mère africaine qui joue avec son enfant.


7. Reflet de femme. Dans une fenêtre de l’immeuble situé en face du Women’s Building, une femme peinte nous fait signe.

***

Les rues du quartier de Mission, célèbres pour leurs peintures murales, sont aussi l’expression d’une vision contrastée de la femme et des relations de genre au sein de la société américaine. On oscille en permanence entre l’image de la femme-objet et celle de la femme sujet de son propre récit – sans oublier les revendications des communautés trans ou homosexuelles dont San Francisco est toujours le bastion (même si la communauté latina reste assez traditionnelle dans ce domaine).


8. Une image romantique de la femme dans Clarion Alley.


09. Clarion Alley : une Eve moderne au Paradis ?


10. Clarion Alley : Coyolxauhqui, la sœur démembrée de Huitzilopochtli, évoque toujours la force de l’oppression masculine sur le corps féminin.


11. Clarion Alley : la femme et la chouette ou le mystère de la nuit.


12. Clarion Alley : la femme et la forêt ou la force de la nature.


13. Clarion Alley : la femme du futur, en hommage à Mœbius.


14. Lilac Street : derrière un grillage et des barbelés, une femme libre ?


15. Lilac Street : Le poulpe qui cuit dans sa marmite a eu du mal à la regarder dans les yeux…


16. Lilac Street : sur sa moto, symbole de puissance et de liberté, la femme aux bottes rouges reste un objet de désir pour les passants.


17. Lilac Street : dans un style proche du manga, cette peinture murale met en scène une guerrière maya digne des fresques de Bonampak.


18. Clarion Alley : un mural contre la violence et pour la liberté sexuelle. En août 1966, l’émeute de la cafétéria de Compton a mis en lumière les problèmes de la communauté LGBT. Avec ces quatre molosses baptisés Violence, Sexisme, Exclusion et Peur, Tanya Wischerath rappelle que San Francisco est toujours un terrain de lutte pour les minorités sexuelles marginalisées et persécutées.
(https://www.facebook.com/SOSTransphobie/posts/388744511236245).


19. Lilac Street : Qui voudra répondre à l’appel déchirant de Mickey ?

Notes :

[1Des photos de la femme au travail et en lutte ont été mises en ligne dans le numéro 36 de Divergences 2 (septembre 2013) : « Le thème de la frontière, des luttes sociales et du travail dans les peintures murales de San Francisco » (http://divergences2.divergences.be/spip.php?article499).

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