DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
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Rogelio Manuel Díaz Moreno et Dmitri Prieto Samsonov
Cuba. Rejet public d’un projet visant à restaurer le capitalisme
Article mis en ligne le 31 décembre 2013
dernière modification le 13 octobre 2013

par C.P.
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Parce que nous sommes contre l’exploitation capitaliste. Parce que nous refusons toutes les tentatives qui vise à priver la classe ouvrière de ses conquêtes atteintes au cours de décennies et de siècles de luttes acharnées. Parce nous répudions les manœuvres de ceux qui tentent de faire machine arrière, à Cuba, vers un système de domination fondé sur l’égoïsme, l’aliénation, la discrimination et la répression portant atteinte aux libertés des citoyens.

Avec toutes ces raisons, nous, les membres de l’Observatoire critique, dans la matinée du dimanche 29 septembre 2013, nous nous sommes rendus au parc El Curita, dans le centre de La Havane. Plus précisément, il était question de discuter et de parvenir à un consensus sur l’attitude à avoir face à un projet législatif qui favorise les intérêts de différents secteurs de la bureaucratie dirigeante, ainsi que les intérêts de ceux qui agissent ouvertement pour un avenir capitaliste pour Cuba. Le projet de Code du travail sera probablement approuvé lors de la prochaine session du Parlement cubain, il est le pilier autour duquel peuvent se mettre en place, en toute cordialité, les projets pour le futur des différentes tendances de notre panorama politique. Celles-ci apparaissent souvent comme des tendances opposées : mais en réalité il y a celles qui soutiennent le projet de Code du travail et les autres, qui gardent sur ce projet un silence complice.

Les termes les plus contestables du projet de loi sur le travail offrent toutes les conditions pour l’épanouissement de relations d’exploitation, encore plus dur que dans de nombreux pays dits capitalistes. Après plus de cinquante ans d’un processus socialiste déclaré, nous sommes confrontés à une réforme du travail qui renforcera les entreprises privées (les entreprises nationales dissimulées en entreprises de travail indépendant et les sociétés étrangères), donnant ainsi la possibilité d’un développement de l’exploitation par le travail salarié, et avec une importante réduction du pouvoir et des droits des travailleurs et des syndicats. Ce qui constitue le rêve de patrons capitalistes du monde entier. Ces possibilités font actuellement l’objet de notre part d’une intense campagne de critique et de dénonciation, comme vous avez pu le voir dans nos dernières publications et à travers nos interventions publiques dans tous les espaces qui sont à notre portée.

D’une manière générale, voilà les motivations et le thème de la réunion
que nous organisons aujourd’hui. Nous avons distribué des tracts aux passants, et il fallait voir les expressions de rejet lorsqu’on leur a demandé s’ils voulaient le retour du capitalisme. La campagne que nous menons, nous en avons la conviction, devra conduire le plus grand nombre de personnes possibles à se poser des questions sur l’attitude apathique qui ouvre le chemin à un éventuel processus de démantèlement des droits
de la classe ouvrière. Face à l’ordre imposé par de la nouvelle classe capitaliste et son système politique, qui atomise les résistance individuelles et collectives, face à l’autoritarisme et à la bureaucratie, nous levons l’étendard d’une société auto-organisée par les travailleuses et les travailleurs libres, ce qui n’est pas une illusion rêvée par des âmes innocentes, mais le projet de personnes qui travaillent, qui luttent et qui critiquent, qui décident de leur sort dans chaque lieu de travail et dans chaque quartier, avec la solidarité comme thème central.

La réunion ne manqua pas d’être surveillée par la police et ce jusqu’à la fin, au moment où nous avons commencé à nous disperser. La police a demandé les papiers d’identité de plusieurs d’entre nous. Les agents avaient les numéros de matricule 06466, 06281 et 06241, ils prirent bonne note de l’identité de nos compagnons, mais ils refusèrent de nous donner les raisons de leur intervention.

Pour notre part, il convient de maintenir notre position avec la fermeté qu’exige la valeur et la justesse de la cause que nous défendons. Aucun désir de pouvoir nous guide, et nous serions enchanté que les nôtres soient juste un peu plus nombreux, parmi les nombreuses voix et les bras levés au nom de la défense, le développement et l’approfondissement d’un système social qui est nécessaire pour parvenir à construire un monde meilleur.

Malgré le succès temporaire de la nouvelle bourgeoisie, malgré la démobilisation de la résistance populaire, nous apprécions le comportement de la population des humbles et des travailleurs qui maintient le même rejet du capitalisme et de l’autoritarisme. Dans différentes parties du pays, des protestations se sont élevées contre ce qu’ils pourraient arriver si s’imposait cette nouvelle escroquerie. Chaque citoyen et chaque citoyenne peuvent offrir leur contribution à cette cause.

Nous croyons que, dans sa forme actuelle, le projet de Code du travail ne peut être approuvé parce qu’il sape les conquêtes essentielles de la classe ouvrière de Cuba et de notre Amérique.

Rejetons l’approbation de ce Code, parce qu’il va être l’instrument de restauration du capitalisme dans sa forme la plus dure, en raison des contradictions, des discriminations, des omissions et des violations constitutionnelles graves qu’il contient.

Affirmons le droit à l’autogestion de ceux qui travaillent et l’auto-gouvernement pour la société dans sa totalité.
Exigeons la publication de tous les Règlements associés à cette loi et qu’ils soient publiquement évalués et discutés.

Exigeons l’ajout de régulations concernant le droit de grève et la lutte syndicale pour l’augmentation des salaires et tous droits légaux de ceux qui travaillent.

Toute proposition finale doit être soumise à un référendum populaire.

Depuis le parc El Curita, au Centre Havane, le 29 septembre 2013.

P.S. :

Compte-rendu sur la réunion publique organisée par le réseau Observatoire critique à La Havane, le dimanche 29 septembre.

Traduction : Daniel Pinós

Photographies de Isbel Díaz Torres

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