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Sandra Alvarez Ramírez
Cuba. Faiblesses du code du travail sur les discriminations
Article mis en ligne le 29 septembre 2013
dernière modification le 27 septembre 2013

par C.P.
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Le Code du travail suscite le débat sur ​​la sexualité et le racisme à Cuba.
Le projet de Code cubain du travail est en cours de discussion aussi bien sur les lieux de travail que dans les espaces numériques basés sur l’île. La proposition de loi, approuvée par l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire en décembre 2012, a été lancée le 10 juillet, pour être débattue dans chaque lieu de travail du pays. Depuis la publication du projet du code dans les médias officiels cubains, le document a également attiré l’attention de divers blogueurs résidant sur l’île. Le journaliste Francisco Rodríguez a formulé deux observations sur projet susmentionné dans son blog PaquitoeldeCuba.

Dans le premier, F. Rodríguez, en plus de faire des propositions concrètes sur les modifications à la formulation de la loi, il invite également les communautés de la diversité sexuelle à participer au débat :
La reconnaissance du droit à l’emploi indépendamment de l’orientation sexuelle de la personne ou de l’identité de genre pourrait être incluse dans une nouvelle loi, si nous, tous les travailleurs, qui sommes homosexuels, bisexuels ou transsexuels proposions un ajout au projet de Code du travail dans nos sections syndicales, ce qui est actuellement examiné par la voie du référendum.

La principale préoccupation de Cruz, exposée dans son second billet, concerne la nécessité d’une volonté politique dans les discussions des décideurs du pays, de sorte que ces suggestions et d’autres sur l’inclusion des homosexuels, transsexuels, etc soient prises en compte dans cette loi.
Non seulement les experts qui ont rédigé la proposition de loi évitent toute mention explicite concernant la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et le genre dans le milieu de travail, mais ils n’ont pas non plus établi explicitement le droit à l’emploi pour les handicapés et les séropositifs, même si dans ce dernier cas, il y a effectivement une protection salariale pour les consultations médicales qui sont prévues.

Entre-temps, le 10 août le docteur Alberto Roque a publié une lettre ouverte au président de l’Assemblée nationale, Esteban Lazo, dans laquelle il met en évidence “la preuve des actes discriminatoires qui persistent dans l’environnement du travail de notre pays.”

En outre, dans la missive, Alberto Roque révèle que des concepts discriminatoires sont utilisés dans le texte, certains d’entre eux dépassés par les sciences sociales, comme celui de race, tout en exigeant l’inclusion du harcèlement en milieu du travail dans le projet de loi en cours d’examen :

Je considère qu’il est nécessaire d’inclure un article spécifique dans le projet qui définisse le harcèlement psychologique au travail, son identification, et qui mentionne les obligations de l’administration et du syndicat pour créer des espaces et une ambiance sûrs pour les travailleurs qui ont été victimes de “mobbing”.

Le nouveau Code du travail a également provoqué une analyse sur la façon dont il contredit d’autres lois nationales déjà existantes, en particulier la Constitution de la République.

Dans le billet Solavaya con este código, Rogelio Manuel Díaz Moreno, membre de l’Observatorio Crítico [Observatoire critique], avance que “le projet viole la laïcité et crée une discrimination entre les religions, étant donné qu’une d’elles bénéficie de deux jours de congé et les autres, d’aucune “.

Plus récemment, l’avocat Deyni Abreu, fondateur du projet Alianza Unidad Racial, a publié ses remarques sur le Code du travail à travers le web, dont certaines sont plus générales tandis que d’autres sont spécifiquement liées au racisme et à la discrimination à Cuba.

En ce qui concerne ce dernier point, il est écrit :

On observe un inconvénient ponctuel dans les lieux de travail avec l’absence d’outils juridiques qui protègent le travailleur si un employeur l’humiliait, le maltraitait ou lui manquait de respect, profitant de sa position hiérarchique, en utilisant des termes racistes, ou si un autre travailleur provoquait un conflit découlant de la couleur de la peau.

Abreu considère insuffisantes les dispositions du Code pénal cubain concernant la discrimination raciale, et recommande que le présent projet de loi insiste fortement sur ce sujet. De même, elle estime que toutes les formes possibles de discrimination doivent être spécifiées.

La période de discussion du projet de code du travail se termine le 15 octobre ; un débat a été organisé conjointement par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale avec le Syndicat des travailleurs de Cuba, la seule organisation de ce type existant dans le pays.

P.S. :

Traduction de Abdoulaye Bah

18 septembre 2013

Global Voices. Informations transmises par Libres Amériques

http://www.polemicacubana.fr/?p=9281



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