DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
Descriptif du site
Mouafak Zrik
Syrie. Comment Daraya est parvenue à résister ?
Article mis en ligne le 21 mars 2013
dernière modification le 14 mars 2013

par C.P.
Imprimer logo imprimer

Voici des procédés qui guident l’action de l’Armée libre à Daraya [ville qui appartient au gouvernorat de Rif Dimashq dont la capitale est Damas ; elle souvent considérée comme une banlieue de Damas] comparez et jugez-en par vous-mêmes à l’aune de ce qui se passe dans d’autres régions libérées :

• Tous les mouvements et activités des brigades de l’Armée libre se font en totale coordination avec le Conseil local de la ville et sont soumis à son pouvoir administratif.

• Une caisse unique reçoit tous les dons et les aides qui arrivent à la ville. Le Conseil local supervise cette caisse et répartit une partie du soutien aux brigades, une autre au financement des secours et de la distribution de l’aide quotidienne aux habitants assiégés dans la ville.

• Toutes les brigades combattantes agissent sous commandement militaire central, et nul n’a le droit d’agir hors de ce cadre ou à l’écart des combattants et des brigades qui ont afflué pour défendre la ville.

• Il n’y a pas de forces ou de brigades extrémistes à l’intérieur de Daraya. Le commandement central de l’Armée libre a empêché à plusieurs reprises leur entrée en dépit du besoin crucial de soutien. Leur présence et leur action sont soumises à la condition de leur soumission et leur incorporation complètes sous son autorité.

• Il est formellement interdit aux combattants et aux brigades de l’Armée libre d’arborer un drapeau ou une banderole autre que celui, convenu, de la révolution.

• Il est formellement interdit de porter atteinte à l’intégrité des combattants de l’armée d’Assad ou d’exhiber leurs cadavres. Lorsqu’il est possible de les encercler, il est préférable de négocier avec eux leur reddition, – plutôt que de tirer – et d’en faire des prisonniers dont la sécurité sera garantie. On ne doit pas se venger sur eux et on doit secourir leurs blessés à l’hôpital local.

• En dépit du besoin crucial de soutien, l’Armée libre a refusé dans la ville, à quatre reprises au moins, de recevoir des fonds politiques ou des aides militaires conditionnées offertes par certaines fractions à la révolution […]

• Le commandement central de l’Armée libre a mis sur pied un appareil de police local pour protéger les biens des déplacés et empêcher les vols, les enlèvements et d’empêcher la présence des bandes criminelles. La police locale s’acquitte de cette mission sans aucune discrimination entre les biens des musulmans et des chrétiens. Elle protège le caractère sacré des églises de la ville et de leurs biens [historiquement, il y a une présence de l’Eglise catholique-grecque melkite. Ces églises n’ont été visitées que deux fois ou trois, uniquement dans le but de déblayer des décombres après un bombardement.

Ce ne sont pas des paroles en l’air ou de propagande, c’est la réalité concrète détaillée que j’ai relatée. C’est un exemple à imiter qui, je l’espère, se généralisera à toutes les régions du territoire syrien soumises au pouvoir de l’armée libre.

P.S. :

(Traduction de l’arabe par Luiza Toscane.

Source : extraits d’un article publié dans La ligne de front, n°12, février 2013,)



Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.80.4