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Notre-Dame-des-Landes
Article mis en ligne le 4 janvier 2013
dernière modification le 11 décembre 2012

par C.P.
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Des mouvements pour la défense de la terre contre des projets d’aéroports, il y en a eu d’autres avant celui, admirable, qui s’oppose aujourd’hui à la construction de l’absurde mégaprojet de Notre-Dame-des-Landes. Rappelons, par exemple, les luttes victorieuses des écologistes et des paysans mexicains, en 2001, contre l’initiative du gouvernement mexicain d’exproprier des terres dans la commune d’Atenco afin de construire un nouvel aéroport pour la ville de Mexico [1].

Mais la bataille la plus exemplaire et la plus formidable contre un projet d’aéroport géant reste celle de Narita au Japon [2]. Vers 1970, en effet, entre Kashima et Tokyo, les autorités décident de construire l’immense aéroport de Narita sur des terres agricoles très fertiles. Mais les paysans refusent de vendre leurs parcelles, s’organisent et résistent. Des milliers d’étudiants solidaires et d’écologistes accourent alors de tout le pays les soutenir et leur prêter main forte. Ensemble, au cours de batailles homériques, ils affrontent - durant des mois - les compagnies de gardes mobiles casqués, armés de matraques et de boucliers géants, envoyés pour les expulser.

À cette époque, le cinéaste Yann Le Masson part au Japon rejoindre une jeune sociologue, Bénie Deswarte, qui étudie la société japonaise. Tous deux, caméra et micro déployés, ils décident de filmer la « bataille de Narita ». Ils suivent pas à pas les affrontements et les résistances contre la construction du gigantesque aéroport de Narita. Leurs images, inoubliables, rappellent celles des chevaliers teutoniques dans Alexandre Nevsky, le chef d’œuvre d’Eisenstein. Ils montrent les chocs héroïques entre paysans et étudiants contre les gendarmes et les soldats imbriqués dans une inextricable mêlée.

Leur documentaire, Kashima Paradise, se présente comme un somptueux poème en noir et blanc à la gloire des paysans qui défendent leurs terres et refusent de les vendre au profit d’une prétendue expansion économique du Japon. En réalité, un mégaprojet destiné à devenir un "paradis" pour les entreprises multinationales.

Yann Le Masson et Bénie Deswarte composent ainsi, avec une élégance exquise, par petites touches, un des plus beaux et bouleversants documentaires engagés du cinéma français, magnifié par un puissant commentaire de Chris Marker [3].

Filmé en noir et blanc, ce film est devenu la référence du cinéma militant des années 1970.

Notes :
P.S. :

http://www.medelu.org/Le-precedent-japonais

Kashima Paradise (France, 1973, 112 min). Réalisation : Yann Le Masson, Bénédicte Deswarte. Scénario : Benie Deswarte, Yann Le Masson. Production : Les Films Grain de sable. Image : Yann Le Masson. Musique : Hiroshi Hara. Commentaires : Chris Marker. Semaine internationale de la critique au Festival de Cannes 1973. Nominé pour les Oscars 1974



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