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Gilles Tourman
Les Enfants de la terre (Wheathering with you). Film d’animation de Makoto Shinta
Article mis en ligne le 23 juin 2020
dernière modification le 22 juin 2020

par C.P.
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Les Enfants de la terre (Wheathering with you)
Film d’animation de Makoto Shintai

Sorti en janvier 2020, une fable écologique dont on attend le DVD.

Dans une ville de Tokyo balayée par les typhons, Hodaka, lycéen et fugueur, se retrouve employé dans un journal dédié au paranormal. Les hasards de ses pérégrinations lui font rencontrer la jeune Hina. Un conte écologique magique et d’une portée comme d’une urgence universelles.

Tokyo subit les typhons. Une ado quitte la chambre d’hôpital de sa mère et franchit la porte d’un sanctuaire sur un toit. Gagnant la capitale en bateau, Ho-kada, lycéen fugueur, est sauvé d’une lame de fond par Kei. Durant trois jours de galère, Hodaka “adopte” un chat des rues, trouve une arme oubliée par un truand, rencontre une jeune serveuse : Hina. Il se rend chez Kei. Éditeur d’une revue paranormale avec sa nièce Natsumi, Kei l’embauche. Grâce à l’arme qu’il a gardée, Hodaka sauve Hina de deux importuns. Elle vit avec son petit frère Nagi. C’est une “fille soleil”. Quand elle prie, le soleil apparaît. Ils montent une start up pour exploiter ce don. De leur côté, Kei et Natsumi apprennent que les filles soleils finissent mal.

Veuf, Kei est père de Moka, asthmatique qu’il voit rarement. Sur demande des parents, et suite à une vidéo où on le voit avec l’arme, la police recherche Hodaka. La pluie empire. Hina révèle à Hodaka que plus elle prie, plus elle meurt. Traqués, ils se réfugient dans un hôtel. Durant la nuit, Hina se sacrifie pour ramener le soleil. Moka, qui a deviné, alerte Kei. Arrêté, Hodaka s’enfuit pour retrouver Hina. Au sanctuaire, il tombe sur Kei… et la police. Il s’échappe de nouveau, franchit la porte, va dans l’au-delà, retrouve Hina. Retombés sur terre, ils sont arrêtés. Trois ans de probation plus tard, Hodaka revient à Tokyo, retrouve Kei. À l’endroit où Hina lui a dévoilé sa nature magique, il la retrouve. Ils choisissent de s’aimer laissant Tokyo être submergée.

Avec sa ligne claire à la Miyazaki, sa Tokyo noyée sous la pluie dont le ciselé des détails évoque la Londres de Black et Mortimer dans le SOS météores d’Edgar P. Jacobs et sa spiritualité chamanique proche de l’univers de d’Ayumu Watanabi (Les enfants de la mer - 2019), Makoto Shintaï nous offre une œuvre lumineuse. Ces références valant pour témoignage admiratif à l’égard de ce film magnifique sur la forme et sublimant sur le fond. En toute finesse, il agrège la notion orientale de l’équilibre cosmique à la binarité occidentale via la savante intrication de philosophies, mythes, féeries et légendes empruntés aux deux civilisations. La mise en scène participe au bonheur dual qu’il nous instille. Ainsi, les flash-back du récit apparaissent-ils comme les boucles d’un temps cyclique oriental tandis que sa linéarité sur trois ans évoque une temporalité plus occidentale. Les mouvements verticaux de la caméra (travelings ou plongées) semblent répondre aux déplacements horizon-taux des humains, reliant en un Tout le Ciel et la Terre (ce qui est en haut en comme ce qui est en bas) tout en valorisant la singularité du Destin de chacun avec Hodaka et Hina. La solidarité y côtoie l’ingratitude, le merveilleux le scepticisme, l’égoïsme l’amour, à l’image de la chanson finale avec son superbe refrain “Je veux être ton “ça va”. Si on y ajoute, les maladresses de son jeune héros découvrant ses premiers émois amoureux, le réalisateur accomplit l’exploit de nous délivrer un conte écologique à la fois universel, intelligent, transcendant et émouvant tant pour les adultes que le jeune public.




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