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Communiqué de presse du Lycée autogéré de Paris
luttes@l-a-p.org // https://lutteslap.blogspot.com/
Article mis en ligne le 15 mai 2020

par C.P.
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, 12 mai 2020
Lycée autogéré de Paris luttes@l-a-p.org // https://lutteslap.blogspot.com/

Baisse des moyens et des effectifs : l’austérité sur le terrain

Comme tous les services publics, et donc comme d’autres lycées publics, le LAP a été touché par la « révision générale des politiques publiques » (RGPP) menée de 2007 à 2012 : il fallait que l’État réalise des économies du fait de la baisse des effectifs.

En 2019, dans l’Éducation Nationale le principe d’autonomie des établissements est annoncé par l’Inspection de l’Éducation Nationale [1], signal avant-coureur de choix déchirants pour se partager les marges horaires dans les établissements.

Actuellement, une réforme du lycée est en cours : « Le nouveau baccalauréat 2021 redonne au baccalauréat son sens et son utilité avec un examen remusclé et un lycée plus simple, plus à l’écoute des aspirations des lycéens, pour leur donner les moyens de se projeter vers la réussite
dans l’enseignement supérieur. À partir de la session 2021, il n’y aura plus de série en voie générale mais des parcours choisis par chaque lycéen en fonction de ses goûts et de ses ambitions. » [2]. Contrairement à ce qu’annonçait l’administration sur « l’esprit de la réforme », il avait été néanmoins pressenti que ce changement s’accompagnerait d’une baisse importante des moyens et de suppressions de postes dans toutes les académies. Pourtant les effectifs élèves seront en hausse dans le second degré dans les cinq prochaines
années, comme le prévoit la direction de l’évaluation, de la prospective et de
la performance (Depp) du ministère de l’Éducation nationale (mars 2020)

Pour le LAP, la baisse de la DHG
représente une double peine

Comme dans tous les établissements, elle correspond à une réduction d’heures de cours qui diminue la présence adulte sur le lieu et fragilise l’encadrement général. Si elle pouvait initialement prétendre à une vision pédagogique, la réforme des enseignements ne correspond clairement qu’à une vision comptable. Les rectorats calculent et définissent un nombre de
spécialités enseignées par établissement, uniquement sur des projections par division et non en concertation, ce qui permet ensuite d’imposer d’autorité des DHG ajustées aux grilles comptables plutôt qu’aux besoins du terrain.

Mais au LAP, le temps éducatif passé « devant élève » ne se réduit pas qu’aux enseignements liés aux programmes. Sur les 25 heures effectuées a minima par les enseignants, (la présence hebdomadaire oscillant souvent entre 26 et 29 heures), 11 à 13 heures sont réservées à des activités parascolaires : projets, gestion du lieu, réunions d’équipe, ateliers et groupe de base (GB : lieu d’apprentissage à la citoyenneté et décisionnaire sur les choix de fonctionnement collectif). Toutes ces activités renforcent l’enseignement des cours et assurent la formation de citoyens. Pour nous, le contact renforcé avec nos élèves se justifie par des choix pédagogiques faits à la création du lycée, mais aussi par la réalité de la population élève qui nous apparaît de plus en plus fragilisée (fragilités psychologiques, familiales, sociales et scolaires). Nos temps de services enseignants ont pour ces raisons, tendance à s’accroître de façon significative. Dans ces conditions, nous savons que la perte de 11 heures met en danger le fonctionnement du lycée comme nous l’avons éprouvé de 2011 à 2016.

Quelle sera la cohérence d’un demi poste amputé dans notre enseignement ? Deux hauts fonctionnaires d’autorité du rectorat avaient fini par admettre qu’il fallait des postes à temps plein pour être enseignant au lycée autogéré.

Aujourd’hui, vouloir nous faire passer pour des privilégiés aux yeux des autres établissements, c’est refuser de comprendre le fonctionnement de notre lycée.

Pour l’enseignant qui travaillerait à temps partiel en septembre 2020, la cohérence de son travail au LAP serait problématique pour lui, (pour nous) et la communauté (éducative).

Nous refusons qu’il en soit ainsi.

Notes :

[1L’autonomie des établissements scolaires. Pratiques, freins et atouts pour une meilleure prise en compte des besoins des élèves ; sources : education.gouv.fr

[2sources : education.gouv.fr

P.S. :

Le lycée autogéré, c’est quoi ?

Depuis bientôt quarante ans, ce lycée parisien s’est donné pour objectif de proposer une pédagogie alternative à des élèves voulant apprendre autrement à l’intérieur du paysage de l’Éducation nationale.

Les équipes enseignantes d’alors et celles d’aujourd’hui partagent la conviction qu’il est possible d’apprendre tout en s’épanouissant et accueillent un public hétérogène désireux d’échapper à la rigidité de l’école traditionnelle. Les enseignements transdisciplinaires, le travail en équipe, l’ensemble des atelier et des projets, fédèrent enseignants et élèves autour d’une structure autogestionnaires qui prend en charge le fonctionnement du lycée dans son ensemble. Le principe de l’égalité des droits et la nécessité de participer aux différentes commissions de travail régissent le quotidien des élèves et des enseignants dans le but de permettre aux élèves de préparer leur formation tout en participant aux décisions d’une école démocratique.




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