DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
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Olivier Forest
Munich des libertés individuelles
Article mis en ligne le 22 avril 2020
dernière modification le 21 avril 2020

par C.P.
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Ce pouvoir n’a pas su ou n’a pas voulu anticiper la crise sanitaire que nous vivons ; il s’est en tout cas servi de la crise épidémique actuelle ou l’a amplifiée à son avantage pour créer les conditions de la mise en œuvre in situ et grandeur nature d’un contrôle social omniprésent et policier quasi total et sans précédent en France.

Le pouvoir en rêvait et le coronavirus lui a offert cette opportunité politique unique et extraordinaire. Sans nul doute, des experts et des technocrates étudient déjà les effets psychosociaux et les réactions induites des comportements de populations confinées. Cette crise révèle en conséquence un double désastre, à la fois sanitaire et a créé en même temps une espèce de Munich des libertés individuelles, à quoi nous assistons impuissants.

En nous confinant, l’État a puni en effet des innocents pour s’exonérer de ses propres fautes et de ses graves errements. Il est l’unique responsable indubitablement et gravement défaillant, qui n’assume pas ses manquements et les rejette pour sa survie politique sur la population qu’il aperçoit alors dans le viseur providentiel de la répression.

Le pouvoir n’a rencontré devant lui aucun contrepouvoir. Il a eu partout et tout le temps les mains libres. Des entorses constitutionnelles graves ont été validées par ceux-là mêmes qui devaient veiller au respect de la Constitution. Des abus policiers et des excès judiciaires multiples ont été couverts, malgré de rares protestations d’avocats militants. Des personnes ont été jetées en prison pour leur propre protection et pour leur bien parce qu’elles avaient bravé ou négligé les mesures de confinement.

L’incompétence et le machiavélisme de ce gouvernement ont conduit chacun d’entre nous à effectuer deux mois de taule. Et tous, nous étions innocents et tous nous le savions. Avec les Gilets jaunes, nous savions depuis des mois de luttes et de manifestations déterminées pour la justice sociale violemment réprimées et contrôlées par la milice de Lallement, que nous étions tous en liberté provisoire et en liberté étroitement surveillée. Maintenant nous savons que face à l’État nous sommes tous [et toutes ?] devenu.es coupables d’exister.




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