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Christiane Passevant
Donbass de Sergei Loznitza. Burning de Lee Chang-Dong. Girl de Lukas Dhont

Sorties DVD et Blue Ray février 2019
Article mis en ligne le 4 février 2019
dernière modification le 9 février 2019

par C.P.
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Donbass
Film de Sergei Loznitza (5 février 2019)

Burning
Film de Lee Chang-Dong (5 février)

Girl
film de Lukas Dhont
 (19 février 2019)

Donbass
Film de Sergei Loznitza (5 février 2019)


Le film se situe dans l’est de l’Ukraine, dans la région du Donbass où une guerre sans fin, qui ne dit pas son nom, oppose des camps ennemis, sur fond de crimes et de saccages perpétrés par des gangs séparatistes.
On se souvient de son précédent film, Une femme douce, où l’arbitraire des autorités pénitentiaires et la violence de la société s’acharnaient contre une femme ayant traversé le pays pour rendre visite à son mari en prison. Dans Donbass, la même violence s’exerce. Le film est également un périple à travers le pays, mais différent cette fois puisqu’il met en scène plusieurs personnages dans diverses situations. Les récits s’enchaînent en treize séquences qui narrent le conflit directement ou indirectement, mettant en présence les forces gouvernementales, soutenues par des mafias locales, et les séparatistes aidés par les soldats de Poutine et d’autres gangs. Dans ces histoires incroyables, les conséquences sont terribles, mêlant le grotesque au tragique. Il est en effet difficile d’imaginer et de croire des récits qui tiennent plus d’une farce à la Ubu que de la réalité. La violence et l’hystérie semblent la norme, tandis que les bandes mafieuses ont le pouvoir, dans tous le cas se l’octroient, et en profitent.

Donbass de Sergei Loznitza développe un humour au vitriol en même temps qu’il est la démonstration du dérapage d’une situation désespérément absurde. Un cauchemar qui n’en finit pas. Le réalisateur renvoie d’ailleurs dos à dos les deux camps, aussi corrompus l’un que l’autre : « Dans le Donbass, dit-il, la guerre s’appelle la paix, la propagande est érigée en vérité et la haine prétend être l’amour. »
À découvrir ou revoir en DVD et Blue Ray dès 5 février.

Burning
Film de Lee Chang-Dong (5 février)


En rencontrant par hasard une ancienne connaissance, Haemi, alors qu’elle participe à la promotion d’une boutique, Jongsu, qui est coursier, tombe sous le charme de la jeune fille. Une histoire amoureuse s’amorce rapidement et, lorsqu’elle part en voyage à l’étranger, Haemi lui demande de nourrir son chat, qu’on ne voit jamais d’ailleurs. À son retour, elle lui présente Ben, un garçon qu’elle vient de rencontrer dans l’avion et part en voiture avec lui, sans plus d’explications. Ben fait partie de la jeunesse dorée, possède une voiture luxueuse, un bel appartement et dégage un mystère tantôt condescendant, tantôt inquiétant. S’instaure alors entre les trois jeunes gens une relation trouble dans laquelle la séduction, l’attirance, la jalousie et les allusions énigmatiques déstabilisent Jongsu, distraient Ben et amusent Haemi, qui rêve d’être actrice et fait du mime. Ben révèle à Jongsu son étrange secret et, peu de temps après, la jeune fille disparaît.

Adaptée de la nouvelle de l’écrivain japonais Haruki Murakami, Les Granges brûlées, Burning décrit un quotidien ordinaire, tout en instillant petit à petit des détails énigmatiques, des doutes, des charades, des images poétiques qui conduisent le récit dans une dimension de fantastique ordinaire. Jongsu est en quelque sorte notre guide, notre voix off pour tenter de comprendre la situation, élucider la disparition de la jeune fille alors que Ben joue l’indifférence, pourtant il semblait goûter une idylle naissante avec Haemi. Liaisons dangereuses et différences de classes. La jeune fille n’était peut-être excitante à ses yeux que dans la mesure où elle provoquait la jalousie de Jongsu.

Après sa disparition marquant un tournant du récit, le film tourne au thriller policier et social. Jonsu se met à la recherche de la jeune fille, guette les allées et venues de Ben qui s’en distrait, comme s’il jouissait de l’inquiétude et des sentiments du garçon. La différence de classes donne à Ben une supériorité sur Jongsu, les avantages de l’argent par rapport à quelqu’un qui en manque et, du coup, n’a pas les mêmes droits dans la société. Ben est au-dessus des soupçons et des lois, Jongsu, jeune homme taciturne et passif, subit la société, tente d’écrire sans y parvenir, et son père est en prison. Ces deux garçons sont à l’image de la société coréenne, divisée en pauvres, qui n’ont rien à espérer, et en riches qui se croient tout permis. Un crime pour l’un ne serait qu’une incartade pour l’autre. C’est sans doute cette prise de conscience, après la disparition non élucidée de Haemi, qui va libérer Jongsu de son sentiment d’infériorité et le pousser brusquement vers la scène finale.
Burning de Lee Chang-Dong est découvrir ou à revoir dès le 5 février.

Girl
film de Lukas Dhont
 (19 février 2019)


L’héroïne de Girl est transgenre, mais si le sujet a déjà été abordé au cinéma, il n’en soulève pas moins encore des réticences. L’histoire est à la fois simple et bouleversante, Lara est une adolescente dont le rêve est de devenir danseuse étoile. Un rêve auquel elle se consacre à fond, avec le soutien de son père.

Malgré l’amour de ce dernier, les difficultés et la douleur apparaissent au détour d’un plan, dans les rapports de Lara avec ses camarades, mais surtout avec le sentiment d’un corps subi qui d’une certaine manière emprisonne son rêve. Est-elle consciente de la transformation qu’elle recherche et son rêve de danse est-il une forme de métamorphose souhaitée exprimée seulement par le corps et la discipline physique ?

Il faut souligner la performance extraordinaire et la maitrise du jeune comédien au visage d’ange, Victor Polster, qui joue le rôle de Lara avec justesse et une très grande sensibilité. Un film rare qui donne une autre vision de la question transgenre.
Girl de Lukas Dhont
 sort en DVD et Blue Ray le19 février.

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