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Christiane Passevant
L’Enfer dans la ville de Renato Castellani
9 janvier 2019
Article mis en ligne le 21 janvier 2019

par C.P.
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Réalisé en 1959, le film est interprété par une Anna Magnani, absolument grandiose, après Rome ville ouverte de Roberto Rossellini, et par Giulietta Masina, qui venait de tourner La Strada de Fellini. Renato Castellani situe le récit dans l’univers carcéral d’une prison de femmes. « Initialement, le film devait être composé intégralement de non-professionnels, mais la production proposa Anna Magnani et Giulietta Masina dans les deux rôles principaux. Les deux personnalités les plus en vue de la scène cinématographique italienne de l’époque, couronnées de prix internationaux prestigieux, entourées ici d’un groupe d’actrices amateures, y compris d’authentiques anciennes détenues. »

Il faut dire que la version de 1959 avait été amputée de 10 minutes, c’est donc un film que l’on découvre grâce au remontage et à la restauration d’un noir et blanc superbe. L’Enfer dans la ville est le dixième long métrage du scénariste et réalisateur Renato Castellani, qui se déroule dans l’ancienne prison de femmes de Mantellate. Adapté du roman d’Isa Mari, le film se base sur la documentation du réalisateur et de son scénariste qui ont rencontré des détenues et ont assisté à de nombreux procès. Ce qui donne au film un caractère quasi documentaire et en renforce le propos.

Accusée de complicité de cambriolage de la propriété où elle est employée comme domestique, la jeune et naïve Lina, Giulietta Masima, se retrouve en prison. Elle y fait la connaissance d’une habituée des lieux, Anna Magnani, femme forte et cynique, sorte de leader respectée et crainte des autres détenues. Se met alors en place un face à face percutant entre la candide jeune fille — victime d’un séducteur (joué par Alberto Sordi) —, et d’une femme à qui il ne faut pas en conter. La violence des rapports au sein de l’univers carcéral est renforcée par le huis clos imposé aux détenues, ainsi que par les différences de milieux et par la rivalité des deux comédiennes, qui rend l’interprétation de Magnani encore plus puissante et authentique. Guilietta Masina déclara à ce propos : « Je devais jouer le rôle principal, mais à la fin, j’étais presque anéantie. Ce n’est pas un film de Castellani, c’est un film de Magnani ». Une Anna Magnani « entrée dans le film avec la voracité d’un lion » dira Renato Castellani.

L’Enfer dans la ville est une chronique amère sur la prison et les conditions de détention, qui n’ont d’ailleurs guère changé depuis. La prison est pour les pauvres, la violence s’y exprime pour briser les plus faibles et agit sur l’évolution négative des personnes qui y sont confrontées. La naïve Lina va se transformer peu à peu en cynique à l’inverse du personnage d’Anna Magnani, détruite par l’enfer de la prison.
L’Enfer dans la ville de Renato Castellani traite en fait de la misère et de l’injustice sociale.
Un film à voir depuis le 9 janvier dans une version restaurée, intégrale et donc inédite.

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