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Quelques films en juin 2018
Article mis en ligne le 27 juin 2018

par C.P.
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Pororoca. Pas un jour ne passe de Constantin Popescu

Hedy Lamarr : From Extase to Wifi (D’Extase au wifi) Film documentaire d’Alexandra Dean

The Cakemaker de Ofir Raul Graizer

La Mauvaise réputation de Iram Haq

3 Visages de Jafar Panahi

Una questione privata de Paolo et Vittorio Taviani

Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

3 jours à Quiberon de Emily Atef

Jericó, « l’envol infine des jours » de Catalina Mesa

Have a Nice Day de Liu Jian


Pororoca. Pas un jour ne passe de Constantin Popescu
Le cauchemar d’un père de famille dont la fillette disparaît dans un parc, à Bucarest, quasiment sous ses yeux. Un moment d’inattention et la petite fille s’est littéralement volatilisée. La vie sans histoire d’un couple de la classe moyenne bascule alors dans une angoisse permanente et dans le silence opposé aux questions récurrentes. Quand l’enfant s’est-elle éloignée ? Avec qui ? Que s’est-il passé ? Personne n’a rien remarqué alors que de nombreux enfants et familles visitent le parc. Pourquoi la police ne retrouve-t-elle aucune trace ? Le père mène alors son enquête, une enquête entre intuition, obsession et doute qui le mène peu à peu à la folie.
Pororoca. Pas un jour ne passe de Constantin Popescu tourne au thriller dans un climat angoissant. (6 juin 2018)


Hedy Lamarr : From Extase to Wifi (D’Extase au wifi) Film documentaire d’Alexandra Dean
Un très beau portrait de femme, Hedy Lamarr, actrice hollywoodienne très vite cataloguée pour sa liberté sexuelle, en particulier depuis le scandale provoqué par le film autrichien Extase où elle apparaissait nue. Ce que l’on connaît beaucoup moins, ce sont ses découvertes concernant les technologies digitales. En effet, passionnée par la technologie, Hedy Lamarr inventa un système de codage des transmissions qui aboutira bien plus tard au GPS et au Wifi. Le film d’Alexandra Dean invite à découvrir une figure complexe, celle d’une femme ayant fui un mari marchand d’armes et pronazi et devenue une icône cinématographique à Hollywood.
Hedy Lamarr : from Extase to Wifi d’Alexandra Dean est soutenu par les effronté-es, qui, en tant que militantes féministes, déclarent : « nous avons un regard critique sur la direction d’actrice très stéréotypée auquel ont droit les interprètes des personnages féminins, une problématique que soulève de façon assez drôle Hedy Lamarr dans le documentaire en expliquant que, pour avoir un regard glamour, il suffisait d’entrouvrir les lèvres et d’arborer un regard vide de sens. Description ironique et très juste. (6 juin 2018)


The Cakemaker de Ofir Raul Graizer
C’est une histoire d’amour, de désir et de gourmandise. Oren rencontre Thomas à Berlin. Oren est marié à Jérusalem et lorsqu’il meurt dans un accident de voiture, Thomas décide de se rendre à Jérusalem, de connaître l’autre vie d’Oren. Il découvre alors un autre monde et son art de la pâtisserie lui permet de transformer sa vie et celle d’Anat, la compagne de son amant. The Cakemaker est un très belle histoire d’amour, de complicité, et de l’émancipation d’une femme qui se libère de la tutelle religieuse et machiste. (6 juin 2018)


La Mauvaise réputation de Iram Haq
Deux cultures à assumer n’est pas simple pour la jeune Nisha, qui en quelque sorte vit une double existence. Celle d’une jeune fille norvégienne hors de chez elle, qui se conforme à la culture pakistanaise de ses parents à la maison familiale. Quand son père la surprend avec son petit ami, le poids des traditions et la pression sociale vont faire basculer la vie de la jeune fille. (6 juin 2018)


3 Visages de Jafar Panahi
Le film commence avec le message désespéré d’une jeune fille filmant son propre suicide avec un portable. Le message est envoyé à une comédienne populaire de séries télévisées et celle-ci, troublée, demande à son ami Jafar Panahi de l’accompagner pour se rendre au village d’où provient le message afin de démêler la vérité de la manipulation. Tous deux prennent la route en direction du village situé dans les montagnes du Nord-Ouest de l’Iran où les traditions rythment la vie quotidienne.
C’est ainsi qu’après le Cercle, Ceci n’est pas un film et Taxi Téhéran, Jafar Panahi réalise un nouveau film alors qu’il est encore assigné à résidence et interdit de tournage. La réalisation de 3 Visages oscille, comme dans Taxi Téhéran, entre fiction et documentaire pour explorer, au fil des rencontres, la société iranienne. Dans cette région reculée et quelque peu oubliée du pays, où certains habitants ne parlent pas le persan, le périple de la comédienne et du réalisateur est parsemé de surprises et de saynètes savoureuses. C’est à la fois l’humour et la tendresse qui dominent les portraits de trois femmes liées au cinéma, trois générations, qui n’ont qu’un désir, celui de s’exprimer librement : la jeune fille qui rêve d’être actrice, la comédienne de séries télévisées et l’ancienne actrice oubliée. Un film magnifique qui a reçu le prix du scénario au Festival de Cannes. (6 juin 2018)


Una questione privata de Paolo et Vittorio Taviani
Mêlant histoire personnelle et grande histoire, le nouveau film des frères Taviani se situe durant l’été 1943, dans les Langhes, collines au sud du Piémont, et met en scène une histoire d’amour entre trois jeunes gens, Fulvia, Milton et Giorgio dans le contexte de la lutte armée contre le fascisme. Histoire d’amour, de jalousie et de guerre civile.
Una questione privata (une affaire privée) est une adaptation du récit de Beppe Fenoglio évoquant la période trouble de la Résistance italienne au fascisme. Le maquis, la montagne, le brouillard, et les partisans contre les fascistes, tous se connaissent… Vittorio Taviani a participé à l’écriture du film, mais est décédé avant sa finalisation. (6 juin 2018)


Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza
C’est un conte, où l’histoire d’amour à la Roméo et Juliette et le fantastique servent de fil conducteur à un récit tragique et sordide, basé sur des faits réels. Dans un village sicilien à la lisière de la forêt, Giuseppe et Luna, deux adolescents, découvrent l’amour. Le garçon est enlevé et séquestré par la mafia pour faire pression sur son père « repenti », mais le silence entoure toute l’histoire par peur des représailles. Luna se rebelle contre ce silence complice et poursuit ses recherches pour comprendre, pour sauver le garçon. C’est alors qu’elle descend dans le monde sombre où l’on pénètre à travers un lac... (13 juin 2018)


3 jours à Quiberon de Emily Atef
En 1981, Romy Schneider accepte une interview très personnelle sur l’ensemble de sa carrière au magazine allemand Stern. L’entretien, mené par le journaliste Michael Jürgs en compagnie du photographe Robert Lebeck, ami de l’actrice, a lieu pendant la cure de Romy Schneider à Quiberon. Au fur et à mesure de l’entretien, on découvre une femme perdue, déchirée entre son métier et ses enfants. 3 jours à Quiberon, qui reconstitue un épisode de la vie de l’actrice quelques mois avant sa disparition, est troublant, non seulement par le jeu de Marie Bäumer et sa ressemblance avec Romy Schneider, mais également par un noir et blanc qui accentue le côté crépusculaire du film. Lorsque Denis Lavant apparaît dans la séquence du café, c’est aussi un moment de cinéma. (13 juin 2018)


Jericó, « l’envol infine des jours » de Catalina Mesa
À Jericó, village de la région d’Antioquia en Colombie, des femmes d’âges et de conditions sociales différentes évoquent les joies et les peines de leur existence. Chaque rencontre, chaque séquence est une nouvelle histoire, un autre espace, une autre personnalité. Chila, Luz, Fabiola, Elvira… elles sont parfois nostalgiques, souvent facétieuses, pleines d’humour et de tendresse, décidées, pudiques et impudiques. Le film de Catalina Mesa est une découverte par le propos, par les plans filmés, par la musique, par les mots. (20 juin 2018)


Have a Nice Day de Liu Jian
Un polar en animation, un thriller avec déglinguages à la Tarantino, le fric comme lien essentiel et la corruption. Dans une petite ville du sud de la Chine, Xiaozhang dérobe le fric de son patron pour sa petite amie, mais se retrouve immédiatement traqué par une bande de malfrats qui lorgnent sur le magot. Le pognon-roi est dans toutes les têtes ! Il faut dire qu’avec un million de yuans, beaucoup y voient un moyen de sortir de galère et goûter ainsi à la joie de consommer.
Have a Nice Day est un film d’animation férocement critique, il donne à voir — décors impressionnants ! — une Chine aux villes bétonnées, des hôtels sordides, des slogans publicitaires envahissants, avec pour bonus, à la radio, les discours politiques et les chansons débiles. On comprend alors l’ironie du titre et les pressions officielles chinoises pour censurer le film sélectionné au festival d’Annecy 2017. (20 juin 2018)



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