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La classe ouvrière c’est pas du cinéma. Cécile Renaut et Jean-Pierre Lefèvre (Syllepse. 2013)
Article mis en ligne le 19 avril 2018

par C.P.
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La classe ouvrière c’est pas du cinéma ! Alors, qu’est-ce donc ?

La classe ouvrière, ce n’est pas seulement hier, même si conscience de classe suppose conscience d’une histoire. C’est l’histoire de Gabin dans sa locomotive et celle de Lantier dans son puits de mine. Celle de la Commune de Peter Watkins et celle de l’après-Mai 68 de Hervé Le Roux. C’est, aussi, celles du mineur mexicain de Silver City, du docker des quais de Marseille, des ouvrières et des ouvriers de Cellatex. C’est celle de la femme de ménage sans papiers de Los Angeles, celles de Norma Rae et de la caissière d’un supermarché de Gironde.

C’est celle du commercial de France Télécom qui se suicide et celle d’Ariane Ascaride dans son HLM. C’est encore celles du traminot de Mexico et de la femme qui a pris la colère. C’est celles de l’ouvrière de Yéma et des grévistes de Lip, celles du technicien de chez Dassault et du fondeur de Fumel, du gemmeur de Gascogne et des brûleurs de Tanger ? Le cinéma semble depuis peu se préoccuper davantage du « monde de l’entreprise » et satisfaire un désir croissant d’au moins une partie du public.

Alors qu’en est-il ? La réponse, les réponses ne sont-elles pas à chercher dans une profonde mutation de la classe ouvrière d’une part, dans une volonté politique délibérée de nier son existence d’autre part ? Voici de quoi s’interroger, débattre, se mettre en mouvement avec des films, sans se faire de cinéma. C’est ce qu’ont entrepris, en 2004, l’association Espaces Marx Aquitaine et le cinéma Utopia Bordeaux, en inventant les Rencontres cinématographiques « La classe ouvrière, c’est pas du cinéma ».

Il était apparu nécessaire aux organisateurs de ces Rencontres de réfléchir sur la place que les « ouvriers », les « travailleurs », ceux de « la base » occupent aujourd’hui, et depuis plus d’un siècle, dans la production cinématographique. Il fallait tenter de répondre à quelques questions. Quelle représentation le cinéma donne-t-il du monde du travail ? Quelle place accorde-t-il au vécu des travailleurs et à leurs luttes ?

Cent quarante films plus tard, davantage d’invités (réalisateurs, critiques, universitaires, militants) pour des débats, renouant avec le meilleur de la tradition des ciné-clubs, avec quelque douze mille spectateurs, les protagonistes de ce « festival qui dit ne pas en être un » ont mis en livre leur plaisir de cinéma, dans la poursuite d’un travail d’éducation populaire et d’une programmation exigeante de chaque jour.



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