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Revue libertaire internationale en ligne
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Les pendus de Londres. Crime et société civile au XVIIIe siècle. Peter Linebaugh
Préface et appareil critique de Philippe Minard. Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton et Elsa Quére (LUX)
Article mis en ligne le 10 avril 2018

par C.P.
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À la fois essai historique minutieux et récit vivant qui évoque l’univers des romans picaresques, Les pendus de Londres repose sur une abondance de sources primaires telles les archives judiciaires de Londres, que sur le folklore de l’Angleterre du XVIIesiècle, chansons populaires et confessions et dernières paroles des condamnés rapportées par leurs aumôniers. Dans cette histoire sociale du crime, Linebaugh, disciple d’E.P. Thompson dont il perpétue ici la méthode de l’« histoire par en bas » (history from below), étudie les rapports entre justice et classes, et contribue ainsi à l’histoire de la propriété privée. Les vies et les procès des pendus des débuts du capitalisme moderne mettent au jour la fabrique d’un droit dont l’un des objectifs reste la lutte pour la propriété privée.

Le texte est augmenté d’une préface et d’un appareil critique qui le situent dans l’historiographie contemporaine, présentent l’œuvre de Linebaugh, encore peu connu en France, et ouvrent les perspectives sur l’ensemble de l’histoire sociale britannique et sur l’histoire du travail.

« Les pendus ne forment pas une quelconque classe criminelle composée de marginaux hirsutes et menaçants : leur profil social n’est pas celui d’un lumpenproletariat désaffilié, il s’agit au contraire de travailleurs ordinaires, [...] que rien ne destinait à la potence. Mais leur mode de vie, leurs usages et coutumes apparaissent comme une menace potentielle permanente pour les élites au pouvoir, qui développent en conséquence une conception extensive de la notion de crime : une législation de plus en plus sévère aboutit à criminaliser non seulement les déviances, contestations et insolences, mais aussi les comportements populaires en eux-mêmes, dès lors qu’ils semblent menacer la propriété. » Philippe Minard [1], extrait de la préface

Notes :

[1Peter LINEBAUGH est historien, spécialiste de l’histoire anglaise, irlandaise, de l’histoire du travail et du colonialisme atlantique. Il est l’auteur avec M. Rediker, de L’hydre aux mille têtes (Éditions Amsterdam, 2008) et de nombreux autres ouvrages qui n’ont pas encore été traduits en français.

Philippe MINARD est historien, professeur à l’université Paris-8 et directeur d’études à l’EHESS. Il est spécialiste d’histoire économique et sociale de la France et de l’Angleterre aux XVIIIe et XIXe siècles.



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