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Francis Gavelle
Longtemps, j’ai joué à contretemps
Chroniques musicales
Article mis en ligne le 1er février 2018
dernière modification le 29 janvier 2018

par C.P.
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C’est avec une chanson répertoriant les errances désabusées d’une certaine génération de trentenaires, survivant artificiellement à coups d’apéros afterwork (le titre, c’était Les insatisfaits), que le duo Hollydays, composé d’Élise Preys et Sébastien Delage, s’était fait repéré en 2015 sur la scène electro-pop hexagonale. Auparavant, pourtant, le duo – dont les aventures musicales avaient commencé de manière séparée, alors qu’adolescents ils vivaient dans la même banlieue parisienne – avait déjà sorti un premier EP avec quelques chansons entêtantes, comme Des animaux et Ça m’arrangerait, et s’offraient par ailleurs, sur Internet, le joli petit luxe de publier quelques reprises minimalistes et inspirées du Bahia, de Véronique Sanson, ou de L’amour à la plage, de Niagara.

Aujourd’hui, en 2018, le duo réapparaît sur le devant de la scène avec une signature sur le label Polydor, un nouvel EP “4 titres” L’odeur des joints, et un album encore en gestation, mais annoncé pour le courant de l’année. Fidèle, de fait, à son écriture musicale et poétique, délicatement mélancolique et s’attachant à faire danser nos corps sans trop les secouer, afin que les larmes ne nous submergent pas ; Hollydays fait ici un petit tour de nos addictions, entre amour et alcool, fumette et fashion, et tente – nous signifiant ainsi que nous ne sommes pas seuls au monde – de nous consoler de nos hésitations sans cesse renouvelées, car comme le disait le philosophe Søren Kierkegaard, “L’instant de la décision est une folie”. Mais qu’il faut parfois néanmoins savoir prendre, sera-t-on tenté d’ajouter… [1]

En 2013, avec No Deal, son deuxième album aux ambiances sombres et feutrées, aux couleurs musicales jazz et trip-hop, Mélanie di Biasio se révélait sur la scène musicale internationale. Originaire de Charleroi, elle revenait ensuite, en 2016, avec un album-concept inattendu, intitulé Blackened cities (villes noircies, en français), où, dans une unique pièce de 24 minutes, elle évoquait ces villes post-industrielles – telle Charleroi – villes phares de l’industrialisation galopante, devenues ensuite quasi villes-fantômes à l’ère de la mondialisation, et qui tentent désormais de renaître entre gentrification de l’espace urbain et héritage culturel prolétaire.

Abordant, de nouveau, le format plus classique d’album de chansons, Melanie di Biasio réapparaît, début octobre 2017, avec un nouveau disque intitulé Lilies (fleurs de lys, en français), où elle prolonge, au-delà des influences de genres déjà cités, ce qui constitue, peut-être, l’essence même de sa création : le rapport de la musique à l’épure et à sa présence dans le silence qui suit la note jouée. Intime et vibrant, sublime et dépouillé, réalisé de manière presque artisanale, entre home studio et matériel bon marché – loin de la sophistication technologique que la démarche créatrice de l’artiste peut laisser imaginer – Lilies est ainsi un disque de l’âme et de la quête de l’autre, que celui-ci soit, d’après les intentions de la musicienne, un être aimé ou un événement vécu. [2]

Notes :

[1L’odeur des joints, EP – Hollydays (Polydor / distr. Universal Music)

[2Lilies – Melanie di Biasio (Le Label – Pias)

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