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Christiane Passevant
Les femmes sur le devant de la scène ? Marie Curie de Marie Noëlle. La Douleur d’Emmanuel Finkiel
Article mis en ligne le 24 janvier 2018

par C.P.
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Marie Curie de Marie Noëlle

Première femme à obtenir le prix Nobel, première femme docteure en physique, la première aussi a être professeure à la Sorbonne, Marie Curie a cependant dû combattre le milieu phallocrate de la science et les préjugés machistes pour que son travail soit reconnu. Elle travaille d’abord en équipe avec son mari, Pierre Curie, mais à la mort accidentelle de celui-ci, elle est soudain reléguée au rôle de la veuve d’un génie. Elle poursuit cependant sa carrière et élève seule ses deux filles.

En 1910, la presse française transforme sa liaison avec Paul Langevin, chercheur proche d’Albert Einstein, en un énorme scandale et réduit la chercheuse à une banale femme “adultère”, bien que Marie Curie soit veuve depuis cinq ans. La presse s’emballe, haineuse, et la condamne parce que c’est une femme, et qu’il est plus facile de l’attaquer sur le plan des mœurs que sur celui de la légitimité scientifique.

Marie Noëlle réalise avec Marie Curie un portrait de femme libre, passionnée par ses recherches, enthousiaste et déterminée, confrontée au sexisme d’une société patriarcale.


Natacha Henry nous a fait découvrir les Sœurs savantes. Marie Curie et Bronia Dluska, dans son livre paru en 2015, avec son film, Marie Noëlle réussit à retracer un moment crucial de l’itinéraire de Marie Curie, interprétée avec conviction par Karolina Gruszka.

La Douleur d’Emmanuel Finkiel

Juin 1944. La France est occupée par les nazis et Robert Antelme, écrivain et résistant, est arrêté, puis déporté. Commence alors pour Marguerite Duras, sa compagne elle-même dans la résistance, la recherche d’informations sur sa détention, puis sur le lieu de sa déportation. Elle rencontre ainsi un collaborateur français de la Gestapo, attiré par l’écrivaine, de qui elle espère obtenir des renseignements. Une relation ambiguë s’installe, dont on ne sait plus qui utilise qui, une situation remarquablement rendue par l’interprétation de Mélanie Thierry et Benoît Magimel.

C’est enfin la Libération et le retour des prisonniers des camps de concentration dont, officiellement, on ne veut pas vraiment parler. Marguerite Duras vit alors une attente insupportable dans un désordre douloureux des sentiments et de la pensée. Le film est une adaptation profonde et délicate du texte autobiographique de Marguerite Duras.

Deux beaux films à voir depuis le 24 janvier.



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