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Christiane Passevant
Taxi Sofia. Film de Stephan Komandarev
Sur les écrans le 11 octobre 2017
Article mis en ligne le 10 octobre 2017

par C.P.
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Taxi Sofia de Stephan Komandarev reflète la réalité sociale de la Bulgarie actuelle, sans ellipse ni dramatisation… Une réalité sociale brute. Le drame en prologue du film est tiré d’un fait divers et c’est la trame du récit. Il ouvre en effet une investigation de la société bulgare tout au long d’une nuit, à travers des chauffeurs de taxis et leur clientèle.

Chauffeur de taxi la nuit, c’est pour beaucoup la nécessité d’un double emploi pour survivre. C’est ainsi qu’on peut y trouver toutes les catégories sociales . Le constat fait par Stephan Komandarev dans Taxi Sofia est rude et sans concessions. Le fric règne sur la société bulgare, passée d’un régime communiste au capitalisme sauvage et, de manière concomitante, le désespoir et la corruption banalisée, et même instituée.

Le film est construit sur plusieurs épisodes qui se passent le relais de manière très fluide et sans qu’il y ait de rupture dans le récit cinématographique. Les transitions d’ailleurs offrent des éléments que l’on retrouve à plusieurs reprises, la radio, en décor sonore, fait office de fil rouge de même que la ville de Sofia. Le choix des plans séquences ajoute à la tension prégnante ainsi que le jeu extraordinaire des comédien.nes. Taxi Sofia est une fiction-documentaire en prise directe avec la situation sociale actuelle de la Bulgarie. Voyage au bout de la nuit et thriller social ? Certainement un choc et un très grand film.

Le premier épisode, ou le prologue, se déroule au petit matin, lorsque Misho, chauffeur la nuit et petit entrepreneur dans la journée, apprend que, pour obtenir son prêt, le pot de vin a en fait doublé. Pris à la gorge, il tente de convaincre le banquier de lui allouer la somme afin de sauver in extremis son entreprise sur le point d’être saisie. Mais devant la morgue du banquier, Misho l’abat et se suicide.

Commence alors la balade nocturne dans les différents taxis qui sillonnent la ville, avec en fond sonore la radio et les débats sur le drame de Misho. Cinq chauffeurs de taxi, dont une femme, et leurs passagers roulent dans Sofia, chacun et chacune espérant un avenir meilleur.

Taxi Sofia fait sans doute un constat désespéré de la société bulgare actuelle, la corruption, la prostitution, la solitude, l’égoïsme… Toutefois, les personnages sont lucides ; certains et certaines choisissent de quitter le pays, d’autres restent sans pour autant pas abandonner leurs valeurs. On désespère du système certes, mais pas de l’humain. Reste la réflexion centrale du film : quelle sera la société pour les futures générations ?

P.S. :

Diffusion le samedi 14 octobre d’un entretien avec Stephan Komandarev dans les Chroniques rebelles de Radio Libertaire (89.4 FM ou Internet)



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