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Daniel Pinòs
Bricks. Film documentaire de Quentin Ravelli
Sortie nationale : 18 octobre 2017
Article mis en ligne le 10 octobre 2017

par C.P.
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Brique. Un mot, ladrillo, qui a plusieurs sens en espagnol.
1. C’est une masse d’argile, en forme de parallélépipède rectangulaire, qui, après cuisson, sert à construire des murs, des logements.
2. Élément de construction similaire à une brique faite d’une autre matière.
3. Travail sous la forme d’une brique composé de certains tissus.
4. Une chose lourde ou ennuyeuse.

Le film de Quentin Ravelli commence par l’image impressionnante d’un cimetière de briques, le symbole de la bulle immobilière en Espagne. Cette masse d’argile qui a été utilisée pendant des années pour la spéculation est l’objet utilisé par le réalisateur pour unir différentes histoires qui parlent du passé récent de ce pays. En suivant la vie de cette brique, nous rencontrons les trois protagonistes du film : une usine de briques, la ville de Valdeluz et la Plate-forme des victimes de l’hypothèque de Madrid, la PAH. Il serait ridicule de penser qu’un simple objet inerte est à l’origine de la situation politique dont souffre le pays. Le véritable coupable est la production désordonnée du système économique, qui a commencé à construire au-delà de la demande de logements. Ensuite, pour augmenter plus encore ses profits, ce système a créé la spéculation en provoquant la hausse continue des prix jusqu’à ce que les voleurs, les banquiers et les promoteurs, arrêtent de se remplir les poches — non pas par manque de désir de continuer à voler, mais parce qu’il n’y avait plus rien à voler — alors le pays est rentré dans une crise qui n’a affecté qui eux qui n’avait pas volé leur part du gâteau, les plus pauvres et les plus fragiles économiquement.

Les différentes histoires alternent, en dessinant un croquis général de la réalité espagnole. D’une part, l’usine de briques, qui a dû arrêter en partie sa production, non pas parce qu’elle n’était pas compétitive mais parce qu’il n’y avait aucune demande. D’autre part, nous rencontrons le maire de Valdeluz, une ville qui a été construite durant le boom spéculatif, mais qui a été ensuite abandonné avec l’arrivée de la crise, la plupart des plans d’urbanisme non pas été réalisés et un grand nombre de maisons sont vides. Une ville fantôme au sud de Madrid. Enfin, nous rencontrons la PAH, la Plate-forme des victimes du crédit de Madrid, qui fait face aux expulsions et aide les familles affectées à trouver une solution face à la pression imminente des banques et de la police pour que ces familles quittent leur domicile.

Et puis, nous découvrons Blanca, une immigrée équatorienne, mariée à un travailleur du bâtiment, elle a acheté un appartement dans le quartier ouvrier Carabanchel, au sud de Madrid. Après la crise, elle n’a pas réussi à payer son crédit. Son mari est parti et elle s’est mise à se battre, dans le cadre de la PAH, contre la banque pour empêcher l’expulsion de son logement et arrêter de payer ses dettes. La plateforme a profondément changé sa vie, en lui donnant les moyens de se battre, en lui redonnant sa dignité comme à des milliers de victimes des banques et des promoteurs.

P.S. :

Diffusion le samedi 21 octobre à 13h30 d’un entretien avec Quentin Ravelli dans les Chroniques rebelles de Radio Libertaire (89.4 FM ou Internet)



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