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Philomène Le Bastard
Dans les pas de Trisha Brown, The Party, Home…
Article mis en ligne le 15 septembre 2017

par C.P.
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Dans les pas de Trisha Brown de Marie Hélène Rebois (6 septembre 2017)

The Party de Sally Potter (13 septembre 2017)

Home de Fien Troch (13 septembre 2017)

Dans les pas de Trisha Brown de Marie Hélène Rebois est très beau film sur la transmission, la création du mouvement, « l’empreinte d’un corps sur un autre »… C’est une expérience et une véritable plongée dans le monde bouleversé de la danse. Une autre dimension en quelque sorte.

La réalisatrice, passionnée de danse et de mouvement, entreprend de suivre les traces d’une grande figure de la danse états-unienne, Trisha Brown, morte au printemps 2017. Basé sur des archives et des témoignages, le film esquisse l’itinéraire d’une femme et une artiste exceptionnelle.
Dans les pas de Trisha Brown de Marie Hélène Rebois est sur les écrans depuis 6 septembre.

The Party de Sally Potter a été tourné en juin 2016, en plein vote pour ou contre le Brexit. Le film met en scène une femme nouvellement nommée ministre de la Santé (interprétée par Kristin Scott Thomas éblouissante) qui a décidé de fêter cela avec quelques ami.es proches… Et voilà que la Party dégénère et tourne au pugilat.

Avec The Party, la réalisatrice, Sally Potter, réussit un film grinçant et éminemment politique qui donne une dimension à chaque personnage et surtout ne les loupe pas, question critique sociale. Intimités étalées, rancunes, non-dits. La triche à tous les niveaux, personnels, intimes et intellectuels… On pense au film superbe de Mike Nichols, Qui a peur de Virginia Woolf ? Ça baigne dans un conformisme de bon ton qui soudain se fissure et éclabousse les protagonistes et, au delà, largement toute la société. Profondément critique, le film griffe, dévoile, décortique avec une ironie mordante et joue sur une chorégraphie tragique et pathétique jusqu’à la scène dans un crescendo à couper le souffle.

Au passage, on devine que les changements sociaux dont il est question au départ se feront attendre sous les coups de butoirs d’un système qui a le vent en poupe… La santé et le service public ? Sacrifiés. Le film continue sur sa lancée et ironise sur « le fait qu’il n’y ait plus de relations normales de nos jours ; la normalité d’une relation est sujette à tant de variations. Le film parle de l’évolution des relations à long-terme, des relations liées au pouvoir, » des amitiés de circonstances.

Servi par des dialogues percutants et une palette extraordinaire de comédiens et de comédiennes, The Party de Sally Potter est qualifié de comédie britannique. Peut-être, mais alors au vitriol. (13 septembre)

Home de Fien Troch (13 septembre), explore un tout autre univers, celui de l’adolescence et de la relation parents-enfants. Deux générations s’affrontent, sans qu’il y ait d’échange réel.

Kevin, 17 ans, sort de prison et est hébergé chez sa tante. Il s’entend bien avec son cousin Sammy qui lui présente ses amis, dont John, un ado très « couvé » par une mère tentaculaire. C’est alors que tout se complique jusqu’au drame. Kevin veut reprendre ses études, mais sa tante le freine dans son désir de vouloir évoluer et s’en sortir. Elle semble jalouse de l’amitié entre Kevin et son fils. Les sentiments exprimés plus dans les non dits que dans les mots transparaissent peu à peu. Kevin, par ailleurs, veut aider John qui ne peut échapper à l’influence de sa mère. Fien Troch montre sans fard les rapports des adolescents et des adultes, l’intimité, la solitude, le harcèlement et la violence.

La réalisatrice aborde un sujet grave et rarement traité d’une manière aussi directe et troublante, mais sans voyeurisme : l’inceste.



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