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Christiane Passervant
Adieu Mandalay de Midi Z (26 avril 2017)
Article mis en ligne le 3 juillet 2017

par C.P.
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Le passage illégal de la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande est banal et représente, pour une partie de la jeunesse birmane, une opportunité de travailler et de vivre mieux. Guo rencontre Lianqing durant le passage clandestin de cette frontière, et s’en éprend. Mais la jeune fille, déterminée et ambitieuse, n’a qu’une idée en tête : obtenir un emploi pour avoir des papiers, fuir l’oppression et les inégalités d’une société patriarcale et s’émanciper. Guo, lui, est plus modeste, il espère gagner un pécule, améliorer le quotidien et retourner en Birmanie. Ce sont deux caractères, deux personnalités et deux volontés différentes. Inspiré de l’histoire d’un jeune couple, Adieu Mandalay est aussi une histoire d’amour sur fond de corruption, d’asservissement humain et de violences sociales.

« En Birmanie, [explique le réalisateur,] on dit souvent que pour échapper à la misère, les pauvres n’ont que trois solutions : la première est le trafic de drogue, la deuxième est de tenter sa chance dans une mine de jade, et la troisième est l’émigration clandestine. Cette troisième voie, à savoir passer clandestinement en Thaïlande, est celle que beaucoup choisissent : les risques sont moindres, et dire qu’on "va à l’étranger" est nettement plus présentable. » Pourtant, les conditions de vie des ouvrières et des ouvriers clandestins dans les usines de la périphérie de Bangkok sont terribles, il n’y a aucune protection sociale et les accidents du travail sont nombreux.


La main d’œuvre est soumise, interchangeable et les patrons ne se gênent pas pour se débarrasser de ceux et celles qui les « encombrent » ou posent problème.
Le réalisateur a construit son récit grâce à son expérience personnelle, à de nombreuses rencontres, enquêtes, entretiens avec des exilé.es, s’inspirant de la réalité pour aller plus loin dans l’expression cinématographique et ainsi donner la parole aux sans voix, aux humilié.es.

En 2008, une enquête sur les droits humains en Asie indiquait le chiffre de 3 millions concernant la migration birmane en Thaïlande, dont 2 millions pour la migration illégale. Depuis 2010, les chiffres de l’émigration clandestine vers la Thaïlande n’a pas baissé et, en juin 2014, ce pays a expulsé 150 000 personnes y travaillant, toutes étant arrivées en 2013.

Si les conditions de vie des migrant.es sont atroces, « pour tous ces jeunes qui partent, la Thaïlande apparaît comme le pays-miracle », le moyen de s’enfuir d’une cage et d’espérer une autre vie. Mais pour la plupart, c’est en fait entrer « dans une plus grande cage ».

P.S. :

Merci à Pascale Wei-Guinot qui a participé à cet entretien et a traduit les propos de Midi Z.



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