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Christiane Passevant
Un Paese di Calabria. Film documentaire de Shu Aiello et Catherine Catella
Article mis en ligne le 1er mars 2017

par C.P.
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Un Paese di Calabria Film documentaire de Shu Aiello et Catherine Catella (8 février 2017)

Riace est un joli village du sud de l’Italie, au bord de la mer, mais ce n’est pas un village comme les autres. C’est ce que montre le film de Shu Aiello et Catherine Catella qui ont l’ambition d’explorer, au-delà d’une belle rencontre humaine dans un décor antique, la question de l’exil, de l’émigration, de l’apport de ceux et celles qui viennent d’ailleurs.

La Calabre a connu un exode rural massif et s’est, peu a peu, vidée de sa population. Au début du film, il y a l’histoire d’un village ordinaire et la voix de cette femme, l’ancêtre qui, comme des milliers d’autres, a dû quitter le village et la misère voilà quelques décennies à la recherche d’une vie meilleure. Les migrations sont humaines et éternelles.

Mais voilà qu’un jour l’histoire de ce village, quelque peu déserté, tourne au conte, une belle histoire de solidarité : un conte contemporain. Or donc, un bateau échoue sur la plage transportant à son bord deux cents Kurdes et, spontanément, des habitants du village leur viennent en aide et les accueillent. Petit à petit, les migrant.es et les gens du village réhabilitent les maisons abandonnées, ce qui relance les commerces, et l’école est à nouveau ouverte. Le village de Riace renaît.

C’est ainsi que chaque jour, depuis 20 ans, le futur de Riace se réinvente.

Un film qui montre une expérience, celle de Riace, qu’on aimerait voir se multiplier au lieu d’entendre la litanie tragique des morts ou la propagande alarmiste qui use d’un vocabulaire douteux et scandaleux contre l’immigration.

Les mots comme « flux de migrants, débarquement, pression migratoire » entre autres propos, Shu Aiello et Catherine Catella en ont eu assez de les entendre et elles sont parties pour réaliser ce film, Un Paese di Calabria, aller ainsi à la rencontre des autres, de la magnifique diversité de cultures et d’échanges, car « accueillir de nouveaux habitant.es n’empêche pas de garder son identité », bien au contraire, elle s’enrichit.

« Nous avons pu filmer [disent les réalisatrices] des gens simples, plutôt pauvres, qui ont l’intelligence du coeur mais aussi le pragmatisme de penser que l’étranger peut être une chance dans un village désertifié et vieillissant. Ce sont des gens qui ont la mémoire de l’exil des leurs, et qui ont l’habitude de regarder la mer. »

Le village de Riace est un exemple pour ceux et celles qui doutent et Un Paese di Calabria un film à voir.



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