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Raphaël Lebrujah
Le Rojava et la désinformation (7/8) : les kurdes toujours perdants ?
Article mis en ligne le 22 février 2017

par C.P.
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C’est un refrain qu’on entend souvent dans les médias. Cela sous-entend que, même si leur cause est juste, cela ne sert à rien de les soutenir car, à la fin, les kurdes sont toujours trahis et perdent.

« Les Kurdes ne peuvent pas gagner la guerre »

Il est certain que les Kurdes ont été trahis de nombreuses fois dans leur histoire. Il n’empêche que cette affirmation cache de la propagande pour décourager les soutiens ou potentiels soutiens au Rojava.

Mettre en perspective la lutte des Kurdes pour leur émancipation, comme perdue d’avance est un choix motivé par des objectifs précis. En effet, quand les mêmes médias nous expliquent entre temps que le Kurdistan irakien est quasiment indépendant et nous présente le clan de la famille Barzani comme respectable, cette question n’est jamais posée. Comme si ce sort qui frappe les Kurdes n’était réservé qu’aux combattants du Rojava. C’est un choix politique qui se cache derrière ce pseudo-atermoiement. Cela sonne comme : « ho les pauvres, ils devraient se ranger de notre côté et faire comme leurs amis irakien. Sinon il ne réussiront jamais ».

De façon globale, cette prophétie pessimiste est hasardeuse. Vu l’état des différents ennemis du Rojava, ont peut franchement douter qu’ils seront capables de combattre efficacement les forces du Rojava. Daech est très affaibli et joue sa survie face aux FDS et non l’inverse. Le régime n’a pas les moyens militaires pour reprendre le Rojava. Les rebelles islamistes sont très affaiblis et divisés. Le Kurdistan irakien est très divisé et constitue une véritable poudrière où le PDK pourrait sauter, notamment en attaquant leurs frères kurdes du Shengal vers ce quoi il se dirige. L’armée turque est décapitée, son commandement a été largement purgé. Elle ressort d’une guerre urbaine très violente contre le PKK dans les villes où elle a mis des mois à chasser quelques centaines de jeunes, armés de kalachnikov. Son opération contre la ville syrienne d’Al bab tenue par Daech vire au désastre. Elle en est réduite à mendier des frappes russes en soutien, sa propre aviation étant incapable de remplir son rôle. Les Etats-Unis ont lâché la Turquie dans cette opération et préfèrent soutenir les troupes à majorité kurde contre Daech. Autant dire que les puissances qui s’opposent au Rojava sont toutes très affaiblies et n’ont pas les moyens de leurs ambitions.

Début 2017, les FDS libèrent toujours plus de zone, renforcent leurs partenariats avec les grandes puissances. Le Rojava semble en position de force pour s’emparer de Raqqa. Le Rojava est l’expérience d’autonomie kurde la plus longue et la plus solide de l’histoire moderne. Bien que la situation soit précaire, le Rojava reste solide et stable en comparaison de son environnement immédiat.

P.S. :

28 JANV. 2017 PAR RAPHAËL LEBRUJAH BLOG : LE BLOG DE RAPHAËL LEBRUJAH

https://blogs.mediapart.fr/raphael-lebrujah/blog/280117/le-rojava-et-la-desinformation-78-les-kurdes-toujours-perdants



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