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Raphaël Lebrujah
Le Rojava et la désinformation (4/8) : dictature ou démocratie ?
Article mis en ligne le 22 février 2017

par C.P.
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Cette accusation vient de l’opposition islamiste mais surtout de leurs alliées kurdes du PDK Lisez : Parti Démocratique du Kurdistan, basé principalement au Kurdistan ( Irak) et de leurs alliés. (Des médias comme Rudaw TV).

« Le Rojava est une dictature contrôlé par le PYD »

Les deux partis kurdes du PDK et du PYD ont une entente exécrable. Régulièrement le PDK, qui contrôle le côté irakien de la frontière, impose un blocus sévère au Rojava, allant parfois jusqu’à interdire les livraisons de nourriture pour affamer les populations.

Le PDK et ses proches ont lancé plusieurs campagnes de désinformation à l’encontre des autorités du Rojava. La dernière en date est celle qui concernerait le retrait des FDS de Cheikh Maqsoud à la faveur du régime. Propos largement démentis par les pro-régimes et les FDS eux même.

Quant à la chaîne de télé Rudaw TV, elle continue d’expliquer que le « PKK » se retire de Cheikh Maqsoud suite à un accord secret qui permettrait au régime de reprendre le contrôle total de la ville en échange d’armes, dans le but de le discréditer.

Mais ce n’est pas qu’une question d’intox, en effet le PDK soutient l’intervention de la Turquie contre les kurdes en Syrie. Il menace d’intervenir militairement avec ses Peshmergas pour déloger le PKK, les YBS (milice de yézidis) de la zone à majorité païenne des Yézidis. Ces mêmes Yézidis qui auraient été exterminés, sans l’intervention du PKK, qui est venu les sauver et les a aidé àavoir leur propre milice, les YBS.

Cela s’ajoute également à des actes de préparation d’une lutte armée contre les autorités du Rojava en Syrie.

En effet, le PDK avait organisé en 2013 des cellules dormantes partageant ses vues dans le canton de Cizîré dans le but de renverser les autorités du Rojava par la force. Le complot avait été déjoué par les assayichs (la police du Rojava) au dernier moment avec l’arrestation de 70 personnes. Ces dernières ont depuis été relâchées et la plupart ont intégré les YPG malgré la préparation manifeste d’attentats armés contre les autorités du Rojava. Le but était de laisser la porte ouverte à l’unité des Kurdes.

Après cet ensemble d’éléments, les membres du PDK syrien étaient étroitement surveillés par les Assayichs, de nombreuses arrestations s’en sont suivies, voire des expulsions du Rojava pour des activités d’espionnage pour le compte de la de la CNS (Coalition Nationale Syrienne à dominante islamistes en guerre contre le Rojava), corruption et actes de sabotages. À chaque arrestation d’un de ses membres, le PDK hurle à la dictature et accuse le PYD d’être à la tête d’un régime dictatorial au Rojava.

Il est intéressant de voir que les islamistes de l’« émirat » d’Idlib, qui impose une dictature autoritaire basée sur la charia, réprimant toute opposition à leur pouvoir, exigeant l’unicité religieuse, reprennent ces accusations en cœur.

Ces allégations sont particulièrement osées de la part du PDK qui organise la mise en place d’une véritable dictature au Kurdistan irakien. Ce dernier n’a pas hésité à tirer sur les manifestants qui réclamaient le paiement des salaires des fonctionnaires. Plusieurs décès sont à déplorer. Le PDK a fait arrêter de nombreux journalistes d’opposition au Kurdistan irakien ainsi que des volontaires étrangers partis combattre Daech au Rojava.

Le chef du PDK et du KRG (Gouvernement régional du Kurdistan situé en Irak), Massoud Barzani, refuse de quitter le pouvoir alors qu’il a déjà dépassé sa limitation de mandats de plusieurs années. Pour ce faire, il a bloqué l’accès au parlement du KRG à son président pour empêcher l’élection d’un nouveau leader du Kurdistan irakien. Exerçant un pouvoir sans aucune légitimité, ni mandat.

La majorité des biens du Kurdistan irakien est concentrée entre les mains de sa famille et de ses alliés devenus milliardaire pendant que de nombreux kurdes en Irak meurent de faim.

En parallèle, au Rojava, je n’ai vu personne mendier et tout le monde mange à sa faim, grâce notamment à des distributions gratuites de pain, après 5 ans de guerre civile. Tout le monde avait un endroit où se loger bien qu’aucune aide humanitaire ne parvient au Rojava.

Sur le système démocratique en lui-même, j’ai vu des assemblées démocratiques se tenir dans chaque village et ville. Ils élisent leurs co-représentants, toujours un homme et une femme, et décident de la politique locale et cantonale qu’ils veulent mener. Des Chrétiens, des Arabes, des Kurdes débattent paisiblement. J’ai vu le parlement de Cizîre se réunir et voter comme toute assemblée démocratique. Il y a plus de 50 organisations membres du parlement dont 25 partis ou mouvements politiques, avec un taux de participation des femmes très élevé (plus de 40 % des présents, loin de nos parlements européens). A l’entrée, on peut trouver des journaux de PYD, du PUK et du PDK. Des manifestations d’opposition peuvent avoir lieu sans que la police ne les réprime violemment. Bref, tout cela ressemble à s’y méprendre à une démocratie.

P.S. :

24 JANV. 2017 PAR RAPHAËL LEBRUJAH BLOG : LE BLOG DE RAPHAËL LEBRUJAH

https://blogs.mediapart.fr/raphael-lebrujah/blog/240117/le-rojava-et-la-desinformation-48-dictature-ou-democratie



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