DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
Descriptif du site
Christiane Passevant
Les fleurs bleues. Film de Andrzej Wajda
Sortie nationale : 22 février 2017
Article mis en ligne le 25 janvier 2017
dernière modification le 9 janvier 2017

par C.P.
Imprimer logo imprimer

Dernier film du réalisateur de l’Homme de marbre et de l’Homme de fer qui est décédé en octobre dernier, les Fleurs bleues d’Andrzej Wajda relate les quatre dernières années de la vie du célèbre peintre d’avant-garde, Wladyslaw Strzeminski et sa résistance au régime soviétique.

Dans la Pologne d’après-guerre, inféodée à l’URSS de Staline, Strzeminski revendique sa liberté de création et refuse en tant qu’artiste de se conformer aux injonctions du parti communiste qui imposent l’esthétique du « réalisme soviétique ». Les artistes ont obligation de s’y rallier ou de se taire.

Expulsé de l’université, malgré l’admiration et le soutien de ses étudiant.es, il est également rayé du syndicat des artistes. Mais l’acharnement des autorités à son encontre ne s’arrête pas à le réduire à la misère, cela va plus loin, jusqu’à la volonté de détruire les traces de son œuvre, jusqu’à saccager la salle du musée de Lodz où sont exposées ses tableaux et les sculptures de sa compagne, Katarzyna Kobro. Ce musée dont Strzeminski a été l’un des initiateurs, avec Kobro et le poète Julian Przybos, en réunissant, dans les années 1920-1930, une collection importante comportant des œuvres de Kandinsky, Fernand Léger, Picasso et bien d’autres. Ces artistes révolutionnaires ont une place importante dans l’art de l’entre-deux guerres mondiales, tous deux ont écrit des essais sur l’art, mais tout change très vite après la fin de la guerre. Le couple se sépare en 1947, Katarzyna Kobro meurt dans la misère en 1951. Leur fille, Nika, est partagée entre les deux, elle garde des œuvres de sa mère. Son rôle est important dans le film.

Les fleurs bleues ou, Afterimage — son titre original — est le récit des dernières années de la vie de d’un homme qui, entre 1949 et 1952, refuse de plier devant l’oppression étatique. En effet, à cette époque, tout est régi par un parti-État, qui encadre la société dans son ensemble, en premier lieu les intellectuel.les et les artistes, secondé en cela par une justice aux ordres et les services de sécurité. Wladyslaw Strzeminski incarne jusqu’à sa mort la résistance à un pouvoir totalitaire.



Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.80.4