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Christiane Passevant
Zona Franca. Film documentaire de Georgi Lazarevski
Sortie nationale : 15 février 2017
Article mis en ligne le 25 janvier 2017
dernière modification le 2 janvier 2017

par C.P.
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Une route au bout du monde mène à une Patagonie mythique qui semble jaillie de récits des pionniers, de l’aventure, avec ses paysages fascinants, ses chercheurs d’or hors du temps… Pourtant la réalité est tout autre et le réalisateur nous la fait découvrir derrière des paysages stupéfiants de beauté.

Au-delà des descriptions exotiques, le passé colonial fait irruption avec les massacres passés des Indiens et de la faune, la dévastation de la région, dont des milliers d’hectares sont confisqués et interdits aux habitant.es par les grandes compagnies pour l’exploitation, selon les moments, de l’or, du pétrole ou du gaz de schiste. Les barbelés filmés par Georgi Lazarevski racontent « l’histoire d’une colonisation arrivée à un stade ultime, celui d’une privatisation presque totale des terres ».


Quant aux inégalités sociales, elles sont criantes. Les protagonistes du film en disent long sur cet envers du décor d’aventure : un chercheur d’or misérable et solitaire, Patricia, vigile de la zone franche et Lalo, routier et militant, pris dans ses contradictions. Santiago du Chili se trouve à plus de 3.000 kilomètres de là, alors la population se méfie des décisions prises par les fonctionnaires de la capitale.

Lorsqu’en protestation contre la hausse des tarifs du gaz, une grève s’organise en pleine saison touristique pour faire pression, la population bloque la route, et les touristes, à peine sortis des achats en zone franche ou revenu.es de randonnées dans une nature sauvage, se trouvent confrontés à une réalité inattendue. La route au bout du monde se transforme en impossibilité de rentrer chez soi et la lutte de classes est illustrée par les échanges entre manifestant.es et touristes.

Le film génère des réflexions non seulement sur la grève, mais aussi sur cette zone franche qui représente « une étape de la colonisation et du développement du territoire [qui] a été créée pour dynamiser la région, pour attirer des investisseurs » et, bien entendu, une nouvelle population.

Au XIXe siècle, les autorités y avaient établi une « colonie pénale ». « Aujourd’hui, cette zone est entourée de barbelés et de guérites, et des gardes se relayent jour et nuit, comme Patricia, pour veiller à ce que les biens de consommation ne soient pas volés. »



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