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Christiane Passevant
Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails
Un livre et un DVD de Rémy Ricordeau parus à l’Insomniaque
Article mis en ligne le 7 juillet 2016
dernière modification le 6 juillet 2016

par C.P.
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Et voilà que sous nos yeux se dressent des personnages sortis de terre et des songes, une communauté étrange de lutins, de djins, de gardiens de la nature et d’une maison paysanne nichée sur la pente d’une colline. Les mannequins s’intègrent au décor comme les personnages d’une comédie bucolique et fantasque, dans une immobilité en mouvement. Les vaches passent pour rejoindre leur pâturage sans prêter attention à tous ces épouvantails qui semblent les surveiller du coin de l’œil, grand ouvert et bordé de longs cils candides.

C’est l’ouverture du film, Denise et Maurice, dresseurs d’épouvantails, réalisé par Rémy Ricordeau, passionné d’art brut, d’art « instinctif ». Pour Denise et Maurice, il s’agit de récupération créative et d’inventivité à partir de matériaux inattendus et recyclés pour cause d’« embellir la nature ». Autrement dit, c’est un art simple, naturel, spontané, comme jailli d’une imagination à la fois enfantine, vécue, libérée du besoin de reconnaissance et donc sans limites.

Parce qu’il en faut de l’imagination à Denise pour donner du caractère à toutes ces formes, ces personnages, ces animaux imaginaires qu’elle crée. Elle les peint, les maquille, les grime, les habille comme si elle anticipait, à partir d’un simple morceau de bois, la mutation qui va s’opérer. Denise a déjà tout en tête et décide : « Ça, ce sera une nénette. »

Tous ces personnages — et « Y en a du monde ! »— ont une personnalité propre ; les voilà qui sortent aux beaux jours pour fêter le printemps, animent le flanc du coteau, se perchent aussi dans les arbres, et tout ce petit monde se retrouve dans un décor recréé à partir de bouchons, de capsules et autres objets usuels — vive la récup ! —, qui finalement se transforment, se recyclent et s’enjolivent dans une nature simple et rude. Et Denise de constater : « C’est un peu notre famille ».

Quand même : « il faut avoir un peu d’idées dans sa tête et savoir occuper ses mains » ajoute-t-elle, tandis que Maurice prépare la matière brute, le bois, avant la transformation, la naissance d’une multitude d’épouvantails, de poupées, de mannequins, d’animaux qui demeurent et même s’entassent dans un hangar, un « musée », enfin dans une sorte de caverne d’Ali Baba où l’on s’attend à les voir s’animer d’un coup pour aller se faire une balade dehors et se planter devant le paysage de l’Aubrac.

Mais bon, il faut attendre le printemps !

Le film accompagne un livre superbe (textes et photos de Rémy Ricordeau)de la collection "la petite brute" des éditions de L’Insomniaque. Une découverte de l’art brut dans ses diverses formes de créativité et d’expressions.

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