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Revue libertaire internationale en ligne
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Christiane Passevant
¡ No Pasaran !
Spectacle au XXème Théâtre le 23 novembre 2015
Article mis en ligne le 13 janvier 2016
dernière modification le 14 décembre 2015

par C.P.
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Lundi 23 novembre, le trio Utgé Royo sur la scène du Vingtième théâtre

Concert précédé, en première partie d’une mise en scène de paroles de résistants et de résistantes espagnoles

Le trio accueille pour l’occasion deux ami-es, Jack Thysen et Deborah Nissim

En première partie, des lectures de textes de combattant-es antifascistes espagnol-es dans une mise en scène de Jean-Marc Luneau.

Il était une fois un poète, un chanteur — auteur-compositeur-interprète, comédien, dit-on généralement pour cerner les multiples talents de Serge —, donc il était une fois un artiste, un conteur d’ici et d’ailleurs, parce qu’il lui est impossible de choisir entre le canal Saint Martin, Barcelone, le quartier du Raval — Barrio Chino — ou la Castille… Pourquoi en effet devrait-on limiter les influences et se priver des images, des sons, des paroles, des saveurs, d’un au delà des frontières riche, attrayant, universel ?
Serge Utgé-Royo l’engagé, le curieux des autres sait s’entourer d’amitiés musicales et fécondes.

Il y a Léo Nissim, compositeur, pianiste, imprégné de Méditerranée ; Jean My Truong, compositeur, batteur se coulant dans tous les univers rythmiques, du jazz à l’Asie… Et cela donne le Trio Utgé-Royo. Autrement dit, la rencontre de « trois compagnons de route [qui] croisent leurs histoires et mêlent leurs racines d’exils, leurs mots et leurs notes, leurs souvenirs et leurs influences, hispaniques, latines, orientales... »

Sur scène ou en studio, cela se traduit par des « accents, [des] rythmes jazz ou blues, latinos ou classiques, traditionnels ou contemporains... » Avec le Trio Utgé-Royo, on partage les sourires, les mots, les révoltes, les détournements, le goût « des musiques simples et riches, mélodieuses et orchestrées pour mieux servir le verbe », la vie !


En première partie, Jean-Marc Luneau met en scène des témoignages de l’élan révolutionnaire qui marqua la lutte des exilé-es espagnoles.


En septembre 1936, le journal Mujeres Libres, Femmes libres, déclarait : « L’entreprise la plus urgente à réaliser dans la nouvelle structure sociale est de supprimer la prostitution. Avant de nous occuper d’économie ou d’enseignement, dès maintenant, en pleine lutte antifasciste, nous devons en finir radicalement avec cette dégradation sociale. Nous ne pouvons pas penser à la production, au travail, à aucune sorte de justice, tant que demeure le pire des esclavages, qui empêche complètement de vivre dignement. »

Les paroles se suivent, se complètent, fortes, lucides : « En Espagne, la République a fait de nombreuses et importantes choses pour la population. C’est pour ça qu’on l’a attaquée et qu’on a voulu la faire disparaître ! » Il fallait bien ces témoignages, ces chansons pour contrer l’ambiance actuelle d’individualisme et de frustration latente, de propagande grossière, d’indifférence, d’inconscience pour retrouver les accents de résistance et de solidarité, pour dire : No Pasaran !

Que peuvent des artistes et leurs chants dans une atmosphère sociale et politique aussi étrange qu’inquiétante : spasmes religieux avec mise à mort, crispations populaires avec tentation électorale du pire, spectacle médiatique des guerres et des haines ? Il y a là matière à rugissements... Alors, que faire ? Résister, dire, encore et toujours, que les mots, les musiques, l’expression artistique sous toutes ses formes nous aident à respirer dans le brouillard, à rire dans l’angoisse, à se compter au milieu de la vague obscurantiste et mortifère, à sourire des fous et des puissants, mais aussi de ceux que l’on veut aimer...

Isabelle la catholique n’avait pas l’esprit chrétien

Des premiers chrétiens des âges qui parlaient d’humanité…

Elle saigna le Nouveau Monde et blessa le monde ancien

De sa foi un peu brutale et sa croix comme une épée.

Elle a jeté, pêle-mêle, dans les diasporas humaines

Mille mélopées arabes, la longue mélodie juive.

Elle n’a gardé pour l’Espagne que ses légions inhumaines,

Une armée de matamores, des caravelles de givre.

Isabelle la catholique n’avait pas l’esprit chrétien.

Pauvre terre sans sourires, aux savants mal cultivés ;

Pauvre péninsule borgne, vidée de sa poésie,

Des siècles d’obscurantisme sur la terre dévastée,

Des siècles de longue errance pour un peuple sans patrie.

Marche, marche vers la vie, porte encore ton équipage ;

Montpellier garde la trace, Salonique en fait autant ;

On raconte que, là-bas, le sultan était un sage ;

Dans de larges bras ouverts, tu t’y reposas longtemps.

Isabelle la catholique n’avait pas l’esprit chrétien.

Sur les rives de la France, le peuple s’est assoupi.

L’odyssée a fait sa boucle, cinq cents ans d’éternité…

Malgré des lambeaux de haine, un peu d’amour a suffi.

Le juif errant de Tolède, doucement, s’est déchaussé.

Isabelle la catholique n’avait pas l’esprit chrétien.

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