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Jean-Pierre Levaray
Faire quelque chose
Jean-Pierre Levaray (éditions Chant d’orties)
Article mis en ligne le 12 juillet 2015
dernière modification le 7 juillet 2015

par C.P.
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Faire quelque chose

Jean-Pierre Levaray (éditions Chant d’orties)

Illustrations Brigitte Roussel

Quand on est confronté à l’insupportable, il faut Faire quelque chose

« Il faut toujours faire quelque chose. Pour la liberté, la sienne et celle des autres, contre les injustices, pour ses droits. » Voilà ce que raconte l’histoire du jeune Simon pendant l’Occupation, en France sous régime fasciste. Il est ouvrier et travaille depuis l’adolescence dans un atelier qui fabrique des locomotives… Alors bien sûr, sous la surveillance de soldats allemands, on a des envies de sabotage…

« Je ralentis la cadence et, pire, je donne un petit coup de trop en resserrant le mandrin. Ce qui fait que l’entretoise terminée, elle ne sera pas à la bonne dimension pour son roulement à billes. Et il faudra recommencer, encore et encore.
Oui, je sais, il n’y a pas de quoi être fier. C’est du sabotage et c’est notre manière à nous tous de dire notre colère de devoir travailler six jours sur sept pour les Allemands.

Nous faisons tous ça. C’est ainsi que nous résistons. Le travail n’est pas toujours drôle, mais, en plus devoir fournir du matériel à l’ennemi qui nous rend la vie si difficile… C’est inhumain. Alors on résiste. On ronchonne. On fait comme si on ne comprenait pas les ordres. On se blesse. On rate notre pièce à usiner. On met du sable dans les essieux pour qu’ils s’usent rapidement. On fait la queue devant la seule cintreuse encore utilisable. On verse des copeaux métalliques dans les bacs d’huile. On oublie un marteau dans un gros piston… J’en passe et des meilleurs. Ça ne va pas pourvoir continuer longtemps »…

Le sabotage une manière de résister… Cependant lorsque la répression s’intensifie, on veut aller plus loin dans la révolte et les actions de résistance.
Faire quelque chose de Jean-Pierre Levaray est un récit personnel de prise de conscience, d’engagement, qui pose la question de l’attitude à adopter dans une situation extrême. Le jeune Simon choisit la solidarité avec ceux et celles qui se rebellent et résistent. Survivre en fermant les yeux, en ignorant les autres, les copains fusillés, n’est plus possible.

Qu’aurions-nous fait à la place de Simon ? Aurions-nous pris les risques qui ont coûté la vie à tant d’hommes et de femmes durant l’Occupation nazie ? « Il faut toujours faire quelque chose. Pour la liberté, la sienne et celle des autres, contre les injustices, pour ses droits. »

Après Tue ton patron, Jean-Pierre Levaray nous offre avec Faire quelque chose le récit d’un jeune cheminot qui, en pleine tourmente, ne baisse pas les bras. Inspiré de faits réels, Levaray a fait des recherches sur le terrain et dans les archives pour inscrire l’expérience de Simon et sa prise de conscience dans le contexte de l’époque. Passionnant et exemplaire d’une belle écriture simple et directe.



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