DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
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Philomène Le Bastard
Non la culture n’est pas un luxe !
Mépris et cynisme face au mouvement social à Radio France
Article mis en ligne le 15 avril 2015
dernière modification le 27 avril 2015

par C.P.
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Il était une fois un pdg fringant qui, après un séjour du côté de l’INA, se retrouva à la tête de Radio France, sans connaître évidemment ce que représentait les radios de service public… Qu’importe, en répétant sans cesse "service public" et "dialogue social", il ferait bien avaler à ces excité-es du micro, et à leurs comparses, la réforme qu’il devait appliquer pour poursuivre un parcours de potiche à la tête de différents secteurs "culturels". Faut penser CV et communication pour briguer de hautes fonctions !

Presque un an de discours formatés et creux après, d’audits innombrables et secrets, d’interprétations vides par un staff admiratif et aux ordres, de remontrances à la populace des élu-es qui osaient demander des explications — pour qui se prennent ces gens ?! Ce n’est pas à l’ordre du jour ! —, voilà qu’il fallut passer aux actes. Les comptes sentaient le roussi du côté des travaux de plus en plus pharaoniques, les loupés de deux cabinets d’architectes et les trois conseillers en la matière… Ouais… Qu’à cela ne tienne. Il y a des dépenses obligatoires… Les coachs, le bureau, la bagnole, la porte monumentale donnant sur le parking inondé sur deux étages… C’est qu’il faut être à la hauteur des défilés de mode et autres démonstrations pour la galerie. Parce que c’est cela qui va rapporter des sous : le bâtiment historique (très malmené depuis 2005). Bref, vive le BTP et l’immobilier !

Mais c’est la Maison de la Radio ! clament les salarié-es frappé-es de consternation. Nous sommes là pour faire, pour contribuer à faire de la radio, répètent les personnels qui voient leurs conditions de travail décliner vitesse grand V, les moyens de production idem, leur identité professionnelle niée ! La direction, aux allures d’armée mexicaine, la main sur le cœur, leur démontre alors avec quelque condescendance qu’il ne s’agit plus d’être passionné-e ou perfectionniste… Voyons c’est d’un autre
âge ! On peut faire des émissions "dégradées" pour peu qu’elles soient cohérentes ! Laissez-vous faire, faîtes-nous confiance, vous n’y connaissez rien…

Et voilà les bougres se prenant ces déclarations en pleine poire, sous les yeux lointains, et seulement préoccupés de son image, du pdg modèle, dont pas un cheveu ne dépasse et qui a constamment son téléphone à l’oreille au cas où il serait amené à saluer la valetaille de la sécurité aux portes ou des personnes dans les couloirs, avant d’atteindre son bureau orné de boiseries en palissandre. Tout cela en pleine préparation du COM (contrat d’objectifs et de moyens) et du NAC (Nouvel accord collectif qui remplacera la Convention collective de 1984). L’ouverture de la Maison de la Radio vue par les gestionnaires serait un champ de prospection pour des restaurants, un parking, des bars, des librairies… mais il y a déjà une galerie marchande à Beaugrenelle, de l’autre côté du pont !

Cynisme, incompétence et mépris, surtout mépris, ne tiennent pas forcément la route face à des salarié-es qui ne sont pas des imbéciles parce qu’ils et elles aiment cette Maison de la Radio et de la Culture, et croient encore dans le service public… La culture n’est pas un luxe !



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