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Espagne. Tempête déchaînée par l’opération Pandore
Paroles de quelques-unes des camarades enfermées dans le cadre de l’opération Pandore
Article mis en ligne le 17 avril 2015
dernière modification le 14 avril 2015

par ronald
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À nos amis, à tou-te-s les compagnes et compagnons, connu-es et inconnu-es, qui partagent les idées anarchistes, et à toutes les personnes solidaires et intéressées.

Dans la matinée du 16 Décembre un grand déploiement policier fit irruption dans les quartiers de Sant Andreu, Poble Sec et Gracia de Barcelona, ainsi qu’à Manresa, Sabadell et dans le quartier madrilène de Carabanchel, violant nos domiciles en hurlant « Police ! ». Après une perquisition minutieuse nous fûmes 11 anarchistes détenus. Simultanément les locaux de l’athénée libertaire de Sant Andreu, l’athénée anarchiste de Poble Sec, la Kasa de la Muntanya (Centre social occupé et autogéré), ainsi que le logement de quelques camarades furent également violés et perquisitionnés.

Lorsque les flics se fatiguèrent de tripoter, enregistrer et recueillir de supposés indices, nous les détenu-es en Catalogne avons été conduit(e)s séparément à différents commissariats dans la banlieue de Barcelone afin de rendre plus difficile les actions de solidarité, puis nous fûmes amené(e)s 600 kms plus loin jusqu’à « l’Audience Nationale » de Madrid. Après des heures d’une longue attente où l’hostilité réciproque était à couper au couteau, 4 camarades furent mis en liberté sous surveillance, et la prison préventive sans caution fut décrétée pour les autres 7 sous l’inculpation de constitution, promotion, direction, et appartenance à une organisation terroriste, auteur de dégâts et possédant des engins incendiaires.

Dans un premier temps nous fûmes amené-es à la macroprison de Soto del Real (Madrid) où nous fut appliqué le régime FIES 3, réservé aux délits de bande armée. Toutes nos communications sont sous contrôle et même si le nombre de lettres que nous pouvons recevoir n’est pas limité, par contre nous ne pouvons en envoyer que deux par semaine.

Notre arrestation et détention ont lieu dans le cadre de l’opération « Pandora » orchestrée par « l’Audience Nationale Espagnole [1] » et les Mossos d’Esquadra (Police Catalane) contre une organisation terroriste fictive accusée d’actes que nous ignorons. Nous interprétons ce dernier coup de la répression comme une attaque contre l’ensemble des idées et des pratiques anarchistes, à un moment où l’État a besoin d’ennemi-es internes pour justifier une série de mesures de plus en plus oppressives et coercitives visant à renforcer les formes actuelles de totalitarisme.

Avec la crise et l’insécurité en toile de fond, nous avons assisté à l’intensification du contrôle des frontières et des raids racistes, des expulsions, l’exploitation au sein du monde du travail, à la violence du système hétéropatriarcal, etc. et tout cela se répercute dans des conditions de vie de plus en plus misérables pour la plupart des gens de l’immense majorité.

Les murs glacés entre lesquels nous sommes aujourd’hui enfermé-es ont caché les sourires qui se sont dessinés sur nos visages lorsque nous avons appris que nos proches, nos amis et les camarades ont passé des heures et des heures devant les portes des commissariats et de l’Audience nationale, prenant soin de nous malgré le froid et la distance. De même, le fait d’apprendre qu’il y eut à Barcelone une manifestation de solidarité, grande et combative, et cela aussi en d’autres lieux, nous a rempli-es de joie ; de tels gestes nous donnent force et courage pour pour affronter notre situation de la manière la plus digne.

Nous adressons un salut vraiment fraternel et toujours plein d’ardeur, à Francisco Solar, Mónica Caballero, Gabriel Pombo Da Silva solaire, Monica Caballero, Gabriel Pombo Da Silva et à tou-te-s les indomptables qui au-delà des frontières imposées et malgré les emprisonnements, les harcèlements et les difficultés, ne baissent pas la tête et continuent à miser sur la lutte.

Notre cœur est avec vous.

Aujourd’hui et toujours, mort à l’État et vive l’anarchie

Quelques anarchistes qui souffrent des représailles de l’opération Pandore

Notes :

[1Tribunal d’exception ayant juridiction pour toute l’Espagne, chargé de juger des crimes les plus graves, comme le terrorisme.

P.S. :

Madrid, fin 2014

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