DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
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Christiane Passevant
Nous mourons nus
James Blish (le passager clandestin)
Article mis en ligne le 17 avril 2015
dernière modification le 9 mars 2015

par C.P.
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La nouvelle de James Blish est une illustration impressionnante des catastrophes écologiques en devenir. Nous mourons nus ou que faire des déchets ?

Une anticipation qui, finalement, est proche de la réalité, car si le problème des déchets est évoqué depuis longtemps, les solutions adoptées, ou non, sont en général inquiétantes par les conséquences qu’elles auront dans les centaines d’années à venir. La gestion des déchets est la plupart du temps traitée sur le mode
« après nous le déluge » et « tout va très bien madame la marquise ! ».

La recherche de l’économie, du moins cher et de l’urgent ne tient pas compte des répercussions à terme à l’échelon planétaire. Pourtant les sonnettes d’alarme ne manquent pas de sonner, mais fi des Cassandres, on continue à enfouir des déchets dangereux, dont les déchets nucléaires dans la terre, et à déverser des produits toxiques dans les rivières, les lacs, la mer, comme si tout allait se dissoudre miraculeusement sans laisser de trace, ni avoir un impact quelconque sur les équilibres naturels, le réchauffement climatique dont les effets sont déjà vérifiables au quotidien.

La mer regorge d’ordures dont souvent on veut ignorer l’évolution et les conséquences dans le futur. Songeons aux sous-marins nucléaires russes abandonnés à la rouille en mer nordique, sans aucune précaution, aux transports de produits radioactifs par le train en Europe et aux régions qui servent de dépotoirs à ce type de produits. Songeons aux bateaux qui dégazent en mer, aux rejets de fumées qui polluent l’environnement, aux maladies engendrées par tous les produits dont on nous vante les mérites, comme aux millions de sacs en plastique avalés par la faune marine qui en crève. Non, le futur décrit par James Blish, c’est presque aujourd’hui si les apprentis sorciers s’enferrent dans leur logique du profit à cout terme.

Nous mourons nus paraît en 1969. Le personnage principal de la nouvelle est l’un des responsables du traitement des déchets, vivant en direct un basculement géologique sans précédent et irréversible à la suite d’une accumulation d’erreurs causées par la consommation effrénée et la volonté d’ignorer les risques. Dérèglement climatique, fonte des glaces des deux pôles, montée des eaux et engloutissement des terres… La réalité rattrape la fiction.

Aujourd’hui, le changement du climat, les pluies diluviennes dans le Sud de la France et dans le bassin méditerranéen, la montée du niveau de la Méditerranée de 4 cm nous plongent par anticipation dans le décor de Blish…Dans Nous mourons nus, il décrit en effet une situation dramatique, un point de non retour qui est résultat d’un aveuglement généré par la course effrénée au profit sans prendre en compte des risques bien réels, et les décisions d’États, totalement indifférents aux conditions de vie des populations. Les exemples sont aujourd’hui fort nombreux du cynisme des multinationales et des États. La description est à la fois futuriste et proche, c’est dans tous les cas un cri d’alarme en forme de scénario apocalyptique : le profit prime évidemment sur l’humain.



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