DIVERGENCES 2
Revue libertaire internationale en ligne
Descriptif du site
Jean-Marc Royer
Article mis en ligne le 2 avril 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

La situation de confinement actuelle possède certaines ressemblances avec les épreuves d’un embastillement dont celles et ceux qui en sont sortis nous rappellent qu’elles ne se traversent pas si aisément et qu’il nous faut y porter quelque attention. Au-delà des exercices physiques, des (...)

Alessandro Stella
Article mis en ligne le 2 avril 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Ce texte d’Alessandro Stella a été mis en ligne sur le site Lundi Matin le 30 mars 2020.

Porté par le COVID-19, c’est aussi le virus de la peur qui est en train de se répandre à toute vitesse dans le monde entier. Et il faut se demander, une fois l’épidémie du coronavirus terminée, quels seront les effets politiques et sociaux provoqués par le virus de la peur.

Il ne fait aucun doute que (...)

Volume 3 (Editions Noir et Rouge)
Article mis en ligne le 2 avril 2020
Rubrique : LIVRES, REVUES…

À la demande de la Confederación Nacional del Trabajo (Confédération nationale du travail), CNT, en exil en France, José Peirats a été chargé de rédiger une histoire de ce mouvement. Une décision courageuse, alors que cette organisation anarchosyndicaliste était fragilisée par une scission en exil et (...)

Olivier Le Cour Grandmaison
Article mis en ligne le 1er avril 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Philo-idéologues doublés de dangereux démagogues qui attisent mépris, indignation et colère, pensés par beaucoup, comme les courageux défenseurs de la laïcité, de la République et de la France... Retour sur les dernières sorties d’Alain Finkielkraut et Michel Onfray. Convaincus d’avoir atteint les sommets de la philosophie, ils la travestissent.

« Une affection n’est mauvaise ou nuisible qu’en tant qu’elle empêche l’âme de penser. » Spinoza, Ethique, V, IX, démonstration

« Ameuter les masses, lancer les foules est un exercice d’autorité non moins étranger à la raison que d’amasser quelque majorité (…). Nous sommes aujourd’hui sous le gouvernement de la démagogie beaucoup plus que sous le gouvernement de la démocratie. » Ch. Péguy, De la raison, 1901.

Sans doute un peu naïvement, certains pensaient que, privés d’émissions radiophoniques et télévisuelles en raison du confinement, les bateleurs et les bavards médiatiques seraient contraints de réduire le débit de leurs logorrhées et de tempérer la virulence de leurs diatribes. Plus encore, que ces (...)

Francis Gavelle
(journal du confinement)
Article mis en ligne le 1er avril 2020
Rubrique : NOUVELLES, ESSAIS, EXPRESSIONS…

Mardi 17 mars 2020 - 12h58

Dans ma cour d’immeuble, gambadant (presque devisant) tranquillement, deux magnifiques corbeaux noirs se tiennent prêts.

Depuis ma fenêtre du deuxième étage, je les regarde, un verre à la main.

Les pâtes cuisent lentement et la chaîne HI-FI joue la “Symphonie pastorale” (...)

La Passerelle
Article mis en ligne le 1er avril 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Le syndrome de Diogène, qui frappe surtout des personnes âgées, se caractérise par le rejet complet de l’hygiène du corps et du logement ; par l’accumulation pathologique d’objets et de déchets – on connaît ces images d’appartements où le malade habite entouré par des piles de deux mètres de haut de vieux (...)

La Passerelle
Article mis en ligne le 1er avril 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Une légende des Indes raconte que le roi Belkib promit une récompense à qui lui proposerait une distraction inédite. Ravi par le jeu d’échecs présenté par le sage Sissa, le souverain l’interrogea sur ce qu’il souhaitait en échange. Sissa demanda au roi de poser un grain de riz sur la première case de (...)

Nestor Potkine
Article mis en ligne le 31 mars 2020
dernière modification le 1er avril 2020
Rubrique : INTERNATIONAL

I. CHOSES VUES

D’abord, y aller. Pas de vol direct CDG/Révolution ! Car pas d’aéroport au Rojava. Enfin, si, un, à Qamishlo. Contrôlé par Assad. Y atterrir pour passer au Rojava revient à s’offrir un séjour gratuit de dix ans de prison. Par la Turquie, alors ? Il faut courir entre les balles. Par (...)

La Passerelle
Article mis en ligne le 31 mars 2020
Rubrique : INTERNATIONAL

Au-dessus de nos têtes est en train de se jouer une partie d’échecs invisible mais dont les conséquences sont immenses. Le 18 mars 2020, une fusée de la société Space X, propriété du milliardaire Elon Musk, a mis en orbite d’un seul coup une soixantaine de satellites. L’objectif est de constituer un (...)

Jules Falquet
30 mars 2020
Article mis en ligne le 31 mars 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Le « coup du virus » et le coup d’état militaro-industriel global

Y a-t-il une tâche révolutionnaire aujourd’hui ?

Une analyse à chaud des effets politiques et économico-sociaux du coronavirus : du coup de force du confinement sanitaire, au coup d’état militaro-industriel global

La situation que nous traversons est si brutale et si massive, avec un tiers de l’humanité forcée au « confinement » en quelques jours, l’économie mondiale paralysée et les décrets de toutes sortes qui se multiplient hors de tout contrôle, que j’ai la respiration coupée. Concentration zéro, entre cette (...)

Préface de Philippe Lejeune (éditions du Mauconduit)
Article mis en ligne le 27 mars 2020
Rubrique : LIVRES, REVUES…

Un amour de la route
Lettres à Simone de Beauvoir août-octobre 1958

Blossom Margaret Douthat
Préface de Philippe Lejeune (éditions du Mauconduit)

Le 3 juin 1958, Simone de Beauvoir reçoit un cadeau hors du commun : le journal manuscrit (8000 pages) de Blossom Douthat, une étudiante états-unienne, admiratrice de l’œuvre de Sartre et de la sienne. Elle note dans son propre journal : « Joan (c’est le pseudonyme qu’elle lui donne) a déposé chez (...)

(Mauconduit)
Article mis en ligne le 27 mars 2020
Rubrique : LIVRES, REVUES…

Libre à elles
Le choix de ne pas être mère

Laurence Santantonios (éditions du Mauconduit)

« À deux reprises dans ma vie, j’ai éprouvé un désir fulgurant d’enfant. À presque vingt ans d’intervalle, à chaque fois avec un homme aimé qui n’en demandait pas tant. D’où me venait cette pulsion bull­dozer ? J’avais 20 ans en 1968. Aurais­je eu le même désir si j’étais née trente ans plus tard (...)

Alain Brossat
Article mis en ligne le 26 mars 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Première partie de l’entretien : L’irrespirable. Ce qui nous arrive
http://divergences2.divergences.be/spip.php?article1927&lang=fr

Cédric Cagnat : Pourriez-vous nous parler de la dimension géopolitique de l’épidémie ? De quelle manière, notamment, s’inscrit-elle dans le contexte de la nouvelle guerre froide opposant la Chine aux Etats-Unis ?

Alain Brossat : Jean-Luc Nancy commence sa belle intervention à propos de l’épidémie, (...)

Olivier Le Cour Grandmaison
Article mis en ligne le 23 mars 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

À la « guerre sanitaire » aujourd’hui déclarée, risque de succéder une « guerre économique et sociale » impitoyable pour les salarié.es, les fonctionnaires et les habitant.es des quartiers populaires. J’ai imaginé ce que pourrait être le discours du président de la République...

La première victime de la guerre, c’est toujours la vérité
La deuxième victime de la guerre, ce sont les conquis sociaux
La troisième victime de la guerre, ce sont les droits et libertés démocratiques

À la manière d’un certain président de la République :

« Françaises, Français, mes chers compatriotes. Depuis le déclenchement de la crise sanitaire, je me suis plusieurs fois adressé à vous pour évoquer les épreuves que nous avons traversées, pour annoncer les mesures indispensables afin de juguler (...)

Alain Brossat
jeudi 19 mars 2020
Article mis en ligne le 20 mars 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

« Puy entray en la ville, laquelle je trouvay belle, bien forte et en bel air ; mais à l’entrée, les portiers me demandèrent mon bulletin, de quoy je fuz fort esbahy, et leur demanday : ’Messieurs, y a il ici dangier de peste ? – O, Seigneur, dirent-ilz, l’on se meurt icy auprès tant que le charriot court par les rues. – Vray Dieu, dis-je, et où ? ’ A quy me dirent que c’était en Laryngues et Pharyngues, qui sont deux grosses villes telles que Rouen et Nantes, riches et bien marchandes, et la cause de la peste a esté pour une puante et infecte exhalation qui est sortie des abysmes des puis n’a gueres , dont ils sont mors plus de vingt et deux cens soixante mille et seize personnes depuis huict jours. Lors je pensé et calculé et trouvé que c’estoit une puante halaine qui estoit venue de l’estomach de Pantagruel alors qu’il mangea tant d’aillade, comme nous avons dicte dessus ».

François Rabelais, Pantagruel, Livre II, chapitre XXXII.

Cédric Cagnat : L’événement coronavirus, si événement il y a, peut-il donner lieu à une réflexion qui dépasserait les litanies illusoires sur la prise de conscience soudaine des gouvernements quant au caractère indispensable de l’Etat-providence, voire la mort imminente du modèle capitaliste ? Autrement (...)

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste
Communiqué du 19 mars 2020
Article mis en ligne le 20 mars 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Comme toujours, c’est en période de crise, de guerre, de violence ou de pandémie que se révèle le fondement autoritaire des États. Et celui dirigé par Emmanuel Macron ne fait pas exception.

C’est au moment où la population est sous pression et tente de respecter au mieux les demandes des (...)

Christiane Passevant
Article mis en ligne le 9 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

La Bonne épouse
Film de Martin Provost (11 mars 2020)

Des écoles d’enseignement ménager, cela semble une fable bien lointaine… Non pas tant que ça et il y en avait bien plus de mille en France, essentiellement en milieu rural, qui ne disparaîtront qu’en 1970. On a tendance à l’oublier cela ou bien on n’en parle pas, mais les rôles codés pour les filles et (...)

Gilles Tourman
Article mis en ligne le 9 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Monsieur Deligny
Film documentaire de Richard Copans (18 mars 2020)

Avec Gilles, Christophe, Malika, Omar, Brigitte, Gisèle Durand-Ruiz, Jacques Lin, Jean-Pierre Daniel et les voix de Jean-Pierre Darroussin, Matthieu Almaric, Sarah Adler

Instituteur devenu éducateur, réalisateur et auteur, Fernand Deligny s’occupa d’adolescents aux prises avec l’enfermement (délinquants et prison, au-tistes et hôpitaux). Touche-à-tout et iconoclaste, il mit son engagement à l’écoute de l’autre. Une vie et un film documentaire exemplaires.

“Ni vraiment (...)

Gilles Tourman
Article mis en ligne le 9 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

L’ombre de Staline (Mr Jones)
Drame historique de Agnieszka Holland.

Avec James Norton, Vanessa Kirby, et Peter Sarsgaard, Joseph Mawle, Kenneth Cranham, Marcin Czarnik, Krzysztof Pieczynski, Celyn Jones, Martin Bishop

Célèbre pour avoir interviewé Hitler, Gareth Jones veut récidiver avec Staline. La mort d’un son confrère et ami et son arrivée en Union soviétique vont lui faire découvrir une réalité atroce régnant en Ukraine. À voir pour ce que ce récit tragique dit aussi de notre époque.

Renvoyé du cabinet de (...)

Charles Reeve
Article mis en ligne le 3 mars 2020
Rubrique : RÉSISTANCES… RÉFLEXIONS…

Il y a deux ans, Charles Reeve publiait Le Socialisme sauvage. Essai sur l’auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours (L’Échapée, 2018), un livre important (dont Lundimatin avait publié les bonnes feuilles) et qui cherche avec l’obstination ardente et modeste des courants perdants mais jamais perdus de l’histoire, la trace des chemins de l’émancipation.

Le 3 février, à la rencontre des Lundis Soirs de l’Echangeur, j’avais proposé comme thème : « À quoi peut bien servir l’ultra-gauche ? ». Charles Reeve, que j’avais invité à cette occasion à présenter son livre Le Socialisme Sauvage, apporte dans le texte ci-dessous des éclaircissements sur ce terme, son origine et son détournement par la rhétorique sécuritaire. C’est une rude et belle histoire que celle des révolutionnaires qui depuis les années 20 du siècle précédent furent qualifiés jusqu’à nos jours, tour à tour de « gauchistes » et d’ « ultra-gauches ». Ce dernier terme fut repris pour s’auto-désigner par des révolutionnaires d’après-68 désireux de se démarquer des léninistes, trotskistes ou maoïstes, alors traités de « gauchistes » par les staliniens et les médias. Avec le recul, on ne peut que le constater : ces courants avaient raison. Raison contre le stalinisme, l’URSS et son capitalisme d’Etat, contre les fausses routes du réformisme et du syndicalisme, contre la démocratie représentative. Il est d’autant plus triste de voir que certains groupes, issus de ces courants, ont eu le tort de sombrer dans un sectarisme minable au point de prendre de haut le mouvement des gilets jaunes, le plus grand mouvement d’insubordination collective en France depuis 1968. En fin de compte, ce à quoi peut nous servir de revoir avec Reeve (et la bibliographie qu’il cite in fine) l’histoire de ces courants, c’est aussi et peut-être surtout, de poursuivre l’élan qui a conduit des révolutionnaires à rompre avec la social-démocratie et son surgeon léniniste, pour se placer, définitivement, hors d’un arc parlementaire où « être de gauche » serait quand même toujours moins pire qu’« être de droite ». Qu’il s’agisse de l’impossibilité d’utiliser les institutions parlementaires et étatiques pour une transformation sociale réelle, ou de l’inanité de la morale du « moins pire » (et notamment lors des échéances électorales où de moins pire en moins pire, on ne cesse d’aller vers le pire), les quarante dernières années n’ont cessé de montrer la justesse des rejets qu’incarnaient ces courants. À quoi peut bien servir l’ultra-gauche ? À cela au moins : nous débarrasser des réalismes mortifères [77].
Introduction par Serge Quadruppani

« À quoi peut bien servir l’ultra-gauche ? » se demandait Serge Quadruppani dans son invitation à une causerie de Lundisoir du 3 février 2020. Et il ajoutait son intention d’« arracher ce mot à la rhétorique sécuritaire » pour retrouver « dans la réalité historique qu’il incarne, une charge subversive (...)

Article mis en ligne le 3 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient, en partenariat avec la Mission droits des femmes de la ville de Saint-Denis, met les femmes à l’honneur de sa15ème édition.

Outre les films de 40 réalisatrices (68 % des (...)

Christiane Passevant
Article mis en ligne le 2 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

La Communion
Film de Jan Komasa (4mars 2020)

Depuis le film de Pawel Pawlikowski, Ida, qui se déroulait dans la Pologne de 1962, je n’avais pas vu de film décrivant la prégnance des institutions religieuses au sein de la société polonaise. Dans le cas du film de Komasa, la Communion, les institutions catholiques et leurs règles en sont même le (...)

Christiane Passevant
Article mis en ligne le 2 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Monos
Film de Alejandro Landes (4 mars 2020)

Dans un camp isolé au sommet des montagnes colombiennes, un groupe de huit adolescent.es armé.es gardent une otage états-unienne. Le messager leur apporte les ordres du commandement, les entraîne et leur confie une vache prêtée par les paysans du coin. Ils jouent, se mesurent entre eux, s’aiment… (...)

Christiane Passevant
Article mis en ligne le 2 mars 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Thee Wreckers TETRALOGY de Rosto, au cinéma le 4 mars. Des images, des musiques, une déambulation fascinante dans l’univers surréaliste d’un artiste, Rosto, aux multiples dons et facettes créatives… En découvrant Thee Wreckers Tetralogy, c’est tout un pan des possibilités filmiques qui se révèlent par l’immersion dans un espace au delà de l’écran et c’est un choc.

Rosto, réalisateur, illustrateur et musicien nous entraîne dans un monde à la fois proche et onirique à l’extrême, un peu à la manière d’Alice lorsqu’elle goûte au champignon qui l’introduit à d’autres visions, d’autres regards… Et ce qui est peut-être le plus impressionnant, c’est la fabrication de cet (...)

André Bernard
Noir et Rouge éditeur https://editionsnoiretrouge.com/
Article mis en ligne le 25 février 2020
Rubrique : LIVRES, REVUES…

Volume 1

Les événements mémorables dont on ne rend pas compte, dont on ne parle pas, n’ont pas d’existence réelle, n’ont pas le droit de figurer dans l’Histoire ; c’est, au moins, soit de la simple négligence, soit, alors, a contrario, le dénigrement assuré. Ce fut le cas de la trajectoire de la (...)

Article mis en ligne le 18 février 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Tout peut changer !
Et si les femmes comptaient à Hollywood…
Film de Tom Donahue (19 février 2020)

Tout peut changer ! dévoile l’une des aberrations de l’industrie du cinéma et de la télévision états-unienne : la sous-représentation des femmes à Hollywood, autrement dit le sexisme solidement et durablement inscrit dans l’industrie cinématographique.

Tout peut changer ou comment analyser les inégalités salariales et la discrimination à l’embauche, qui touchent les femmes et encore plus les femmes de couleur aux Etats-Unis dans le domaine du spectacle, Hollywood étant sur la sellette. Voyage édifiant dans les coulisses de l’industrie du cinéma et (...)

Christiane Passevant
Article mis en ligne le 18 février 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Tu mourras à 20 ans
Film de Amjad Abu Alala (12 février 2020)

Dans un village du Soudan, au cours d’une cérémonie, la mère de Muzamil présente son nouveau né au chef religieux, qui lui prédit la mort de l’enfant à 20 ans. À l’annonce de cette prédiction, le père de l’enfant quitte la famille et part travailler à l’étranger. Sakina, la mère, élève seule son fils, le couvant littéralement de toutes ses attentions. Muzamil vit à l’écart des autres enfants, il est même rejeté, l’enfant de la mort… Il ne va pas à l’école, « à quoi bon apprendre s’il doit mourir ? dit sa mère. Pourquoi perdre du temps à lire d’autres livres que le Coran ? » Muzamil grandit et lorsqu’il a 19 ans, l’échéance fatale est proche…

« Le film montre comment une forte croyance peut affecter la vie des gens, [explique Amjad Abu Alala] — et la façon dont cette foi peut être instrumentalisée politiquement. Le gouvernement soudanais d’Omar el-Béchir a utilisé l’Islam pour faire taire le peuple — quand quelqu’un dit "C’est la parole de Dieu", plus personne ne peut parler... Mon film est une invitation à être libre. Rien ni personne ne peut vous dire : voici votre destin, il est écrit quelque part. C’est à vous de décider ce que sera votre vie et c’est ce que Suleiman essaye d’expliquer à Muzamil. »

Tu mourras à 20 ans se présente comme une fable philosophique à la manière des Mille et une nuits, c’est un film sur l’émancipation, ancré dans la culture et la réalité soudanaise, méconnue. C’est également un film où il est question de cinéma, puisque l’on voit des images du film documentaire de Jadallah Jubarra, Khartoum, un cinéaste très connu d’avant le régime islamique.

Amjad Abu Alala a écrit son film avant la révolution, cependant précise-t-il, « la liberté a toujours été mon sujet. On a commencé à tourner à la mi-décembre 2018, le jour même où la première étincelle de la révolution s’est enflammée dans le nord du pays, à Atbara. Sur le plateau, tout le monde était survolté. Même les membres étrangers de l’équipe, et notamment les Français, se passionnaient pour l’actualité. Le souffle de la liberté était partout sur le plateau.
En avril, j’ai interrompu la post-production au Caire pour revenir au Soudan et participer aux événements. J’y ai passé deux mois. J’étais à Khartoum le 6 avril, quand a commencé le "sit-in" géant brutalement interrompu par les militaires quelques semaines plus tard. La plupart des Soudanais de l’équipe étaient là et ont été brutalisés. Un de mes amis faisait partie des victimes... Bien sûr [ajoute Amjad], tous ces évènements ont eu un impact sur le film. Par exemple, la première fois que Muzamil va chez Suleiman, il entend une chanson. J’avais imaginé utiliser "La Bohême" pour créer la surprise d’entendre une chanson française dans un village perdu du Soudan. Mais j’ai préféré finalement mettre une chanson de Muhammad Wardi, qui était devenue l’hymne de la révolution de 1983 et que l’on entendait partout à Khartoum en avril dernier. Wardi était un chanteur communiste très connu en Afrique, il a été banni du Soudan. Les paroles disent : "Nous sommes tous inspirés par la révolution, et nous obtiendrons ce que nous méritons." »

Tu mourras à 20 ans est un film magique, dont les images impressionnantes participent à sa poésie, et le récit à son propos rebelle. Comme la beauté des lumières et des paysages s’impriment dans le regard et la mémoire, il en est de même des personnages, les personnages féminins sont particulièrement forts et bousculent quelque peu les a priori occidentaux.

Christiane Passevant : Tout d’abord, une question sur le titre du film en arabe [79] ?

Amjad Abu Alala : Il est très poétique et direct, en arabe, en français, en anglais. Lorsque nous avons commencé à travailler sur le film, nous avons choisi ce titre, comme provisoire, mais, peu à peu, nous avons (...)

Charles Reeve
Balade dans les territoires sombres de l’Empire américain
Article mis en ligne le 18 février 2020
Rubrique : INTERNATIONAL

Balade au coeur de la décomposition de la classe ouvrière états-unienne. Malgré la noirceur du constat, l’auteur nous le rappelle : « Les luttes menées de façon autonome et indépendante sont la seule voie capable de recréer du collectif, elles sont le seul terrain où la dépossession de soi et l’atomisation sous toutes leurs formes irrationnelles peuvent être fragilisées et dépassées. Elles sont les lumières de l’époque sombre de l’Empire ».

I. Jours gris sur les contreforts des monts Adirondacks

Nous sommes à la mi-avril 2019. Les 31 000 employés des magasins Stop & Shop sont en grève depuis plus d’une semaine pour obtenir la signature d’une nouvelle convention collective. La grève est massivement suivie et des piquets bloquent les (...)

Francis Gavelle
Article mis en ligne le 17 février 2020
dernière modification le 18 février 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Ayant déjà fort à faire pour suivre l’actualité cinématographique et musicale, il est vrai que l’on a de fait souvent été négligent dans “Longtemps, je me suis couché de bonne heure”, avec les autres formes d’expression artistique. On tente déjà de redonner une place à la littérature – l’émission (...)

Christiane Passevant
Article mis en ligne le 17 février 2020
Rubrique : CINÉMA… THÉÂTRE… TV…

Sortilège
Film de Ala Eddine Slim (19 février 2020)

Une nuit d’orage en pleine nature. Des soldats épuisés marchent, éclairés par les éclairs. Extérieur jour, il fait froid, un soldat apporte un café à un autre et dit « J’en ai marre de ce boulot… Terrorisme de merde ! On affame les gens et on les tue pour rien. » Le soldat, en prenant le gobelet, se tait, (...)






















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